Produire 100% français, le pari d’une poignée d’exposants à Maison & Objet.

Au salon de la décoration et de l’aménagement intérieur de Villepinte (Seine-Saint-Denis), qui se tient jusqu’au lundi 22 janvier, quelques artisans et entrepreneurs prouvent que la fabrication 100% française est possible.

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Produire 100% français, le pari d’une poignée d’exposants à Maison & Objet.

"Fabrication française, Made In France, Origine France…" Le bleu-blanc-rouge fait un tabac dans les allées du salon Maison & Objet. Et pour cause : sur les 85 000 professionnels de la décoration et de l’aménagement d’intérieur attendus jusqu’à lundi 22 janvier au parc des expositions de Villepinte (Seine-Saint-Denis), plus de 45% viennent de l’étranger. "La France a beaucoup à dire sur l’art de vivre, assure Franck Millot, directeur commercial du salon. Dans l’imaginaire, notre pays est indissociable du raffinement et de la gastronomie. Mettre en avant l’origine française d’un produit est un avantage concurrentiel."

Le made in France est-il vraiment respecté ? Pour Sandra Theulé, responsable des relations institutionnelles des Ateliers d’Art de France, organisation copropriétaire du salon Maison & Objet, il est très difficile de garantir l’origine tricolore d’un produit. Pour qu’il soit considéré comme tel aux yeux de la loi, "50% de sa valeur ajoutée doit être française. Mais il arrive que des entreprises qui ne font que concevoir le produit en France lui apposent cette origine". Sur les 3500 exposants du salon (dont la moitié sont étrangers), 230 ont reçu le label Ateliers d’Art de France, qui garantit une origine 100% tricolore.

Pierre Rochepeau est cogérant de Drugeot Labo, un fabricant de meubles design qui emploie 15 salariés à Segré (Maine-et-Loire). Il se targue d’avoir reçu ce label : "Le bois, qui vient d’une forêt vendéenne est acheté à une scierie locale. Nos sous-traitants se situent dans la région. La peinture que nous utilisons est même fabriquée dans la Sarthe." Seul le marbre de Carrare, qui sert de pied pour un bureau, vient d’Italie mais est façonné en Mayenne. Les éclairages sont assemblés à Nantes, mais les LED viennent de Chine. "Nous faisons un réel effort pour acheter français au maximum, assure Pierre Rochepeau. Mais c’est un vrai défi !"

Un défi que relève Elisabeth Sartori, responsable de la marque François Le Villec, filiale d’Armor Lux, qui propose des produits de table. Porcelaine de Limoges, nappes tissées dans les Vosges, impression de serviettes de table à Lyon… "Pour proposer des prix abordables et compte tenu de la disparition de certaines manufactures de textile françaises, 10% de notre production est réalisée en Italie, en Allemagne et en Inde", précise Elisabeth Sartori. Mais avec la notoriété d’Armor Lux, qui contrôle minutieusement les produits sous-traités à l’étranger, la jeune responsable est confiante et croit au "retour du textile en France".

A l’autre bout du salon, le 100% made in France est gravé sur tous les couteaux et couverts de la Maison André Verdier. Ronan Verdier, coprésident de cette PME de 45 salariés implantée à Thiers (Puy-de-Dôme) depuis 1859, s’interdit tout import, tant que la matière première est disponible en France. "Pour certains couteaux habillés d’ébène, nous faisons venir des billes de bois d’Afrique, mais c’est la seule condition." De l’entrée de gamme, à quelques dizaine de centimes l’unité, à du très haut de gamme à 50 euros pièce, la Maison Verdier conquiert de nombreux marchés à l’export, notamment le Japon : "Des Santoku fabriqués en France vendus à des Japonais, c’est une belle performance !" se félicite Ronan Verdier.

Côté cuisine toujours, le fabricant de casseroles en inox Cristel arbore fièrement le label origine France garantie. Une distinction parmi d’autres (dont le label Entreprise du Patrimoine Vivant) pour cette entreprise de 100 salariés située à Fesches-le-Châtel (Doubs). Après expertise et audit, elle affiche un taux d’intégration de fabrication française de 90%, ce qui lui vaut le label Pro France. Pour Bernadette Dodane, la présidente, la fabrication tricolore est d’abord un "acte civique. Nous devons maintenir l’activité industrielle. Maintenir et développer les emplois". Pour celle qui souhaite d’abord "miser sur l’humain", le salon Maison & Objet est l’occasion de prouver que l’industrie et l’artisanat en France ont de l’avenir. Arnaud Montebourg peut en être fier !

Timothée L’Angevin

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