L'Usine Santé

Procès Médiator : Servier confie sa satisfaction

Gaëlle Fleitour , , ,

Publié le

Lucy Vincent, directrice des opérations extérieures de Servier, confirme à L'Usine Nouvelle la satisfaction du fabricant du Mediator d'arriver à ce "qu'il n'y ait qu'une seule instruction et un seul procès pour une seule affaire" et que" les medias ait une écoute plus attentive".

Procès Médiator : Servier confie sa satisfaction © Fred Tanneau - AFP

C'est une première victoire pour le laboratoire Servier. Ce lundi, le tribunal correctionnel de Nanterre a fait le choix de reporter au 14 décembre le procès - engagé il y a une semaine - du Mediator, un médicament accusé d'avoir causé au moins 500 morts.

La raison ? Le Tribunal a accepté de transmettre à la Cour de cassation une question prioritaire de constitutionnalité soulevée par l'avocat de Servier. Qui conteste la possibilité de juger le laboratoire et son fondateur à Nanterre, alors qu'ils sont parallèlement mis en examen pour les mêmes faits de tromperie aggravée à Paris.

Le laboratoire s'estimait ainsi pénalisé, indiquant que certaines pièces saisies par le pôle en charge de l'instruction à Paris n'étaient pas disponibles pour le procès de Nanterre. "La logique veut qu'il n'y ait qu'une seule instruction et un seul procès pour une seule affaire, confie en exclusivité Lucy Vincent, directrice des opérations extérieures de Servier, à L'Usine Nouvelle. Les juges de Paris ont entendu des dizaines de témoins, saisi des milliers de pièces, depuis un an."

Elle milite donc pour un seul procès, estimant le dossier trop complexe pour être jugé dès à présent. "Je veux qu’on aille au fond du dossier, et qu’on comprenne le plus possible la réalité scientifique. Lorsqu'on touche à une question de santé publique, qui concerne la santé des populations, on a un devoir de réserve sur l’exactitude scientifique", affirme-t-elle.

L'autre victoire, pour le laboratoire Servier, réside dans la nouvelle attention médiatique qui lui est consacrée depuis une semaine. "Je trouve qu’il y a une écoute plus attentive aujourd’hui de ce que nous avons à dire, estime Lucy Vincent. Les journalistes réalisent que l'histoire très simple qu'on leur avait raconté jusqu’à présent ne reflète pas la vérité."

Restent encore plusieurs mois avant que les positions de Servier et des parties civiles ne soient à nouveau confrontées. Pour les victimes supposées, l'attente s'annonce très longue. Et au sortir de l’audience, les avocats s’exaspéraient. "Encore du temps de perdu pour les victimes ou du temps gagné pour Servier", a lancé Me Oudin, rapporte une journaliste de France Info (@ViolaineJ). "C'est une mauvaise décision, ridicule. Nous perdons du temps dans ce dossier", a renchéri Me Honnorat, avocat d’une autre victime.

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