Quotidien des Usines

Procédure de sauvegarde pour l’abattoir de Rethel

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Confronté à des difficultés financières, la Société du bétail et des viandes du rethelois (SO.BE.VI.R.) dans les Ardennes va tenter d’éviter une procédure de redressement judiciaire en essayant de bâtir un plan de cession crédible.

Procédure de sauvegarde pour l’abattoir de Rethel © 4028mdk09 - c.c

Les éleveurs ardennais sont en émoi. En proie à des problèmes financiers qui ont débuté en 2011 avec la liquidation de la société Seb-Cerf de Saint-Dizier (Haute-Marne) et un impayé conséquent, la Société de bétail et de viandes du Rethélois (SO.BE.VI.R.) a été placée, le 20 juin, en procédure de sauvegarde par le tribunal de commerce de Sedan.

L’abattoir implanté depuis 1968 à Rethel (Ardennes) où œuvrent 59 salariés - employés d’abattage, désosseurs, chauffeurs et employés administratifs - dans la transformation, la conservation et le négoce de viandes de boucherie traverse donc une période délicate.

Ce qui contraint son président, Yannick Goury, à trouver un repreneur pour assurer la pérennité d'une structure vitale pour 250 éleveurs des Ardennes, de la Marne, de l’Aisne et de la Meuse.

"Si la conjoncture a entraîné une chute de la consommation dans les magasins et la grande distribution, on souffre aussi du regroupement des enseignes qui créent des centrales d’achat. Une forte concurrence pour notre société anonyme", estime Yannick Goury.

Celui-ci a procédé à un dégraissage de ses effectifs en septembre 2012 en licenciant trois personnes et quatre tâcherons afin d’alléger sa masse salariale. Une mesure insuffisante car à la baisse de volumes s’est ajoutée l’obligation de remettre aux normes un abattoir qui date de 1978. Soit un investissement de 700 000 euros impossible à réaliser en raison du contexte économique.

Un repreneur potentiel

Du coup, la SO.BE.VI.R. qui réalise un chiffre d’affaires de 22 millions d’euros et 5 700 tonnes d’abattage de bovins, ovins et de porcs par an manque de fonds de roulement et bat de l’aile.

Conscient du mauvais coup représenté  par l’éventuelle disparition de ce circuit court pour le monde paysan, le préfet des Ardennes, Pierre N’Gahane, a garanti des mesures d’accompagnement à un acquéreur potentiel, extérieur au département. Mais le possible repreneur qui, outre le rachat de l'affaire, a évalué la relance du site à 1,2 million d'euros devra préciser sa stratégie avant d’obtenir des aides financières publiques qui pourraient s'élever à 700 000 euros sous forme d'avances remboursables. Une table ronde sur ce sujet pourrait en tout cas être programmée le 8 juillet dans le cadre de la venue dans les Ardennes de Guillaume Garot, ministre délégué à l'Agroalimentaire.

"La disparition de la SO.BE.VI.R. engendrerait pour nous des coûts de transport plus importants et grèverait les finances de  nos exploitations" explique un client de l’abattoir pour montrer l’importance revêtue par cette structure de proximité importante pour la filière agroalimentaire.

Pascal Remy

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