Problèmes de concurrence entre des marques du groupe Volkswagen

BERLIN (Reuters) - Problèmes de concurrence entre les marques du groupe Volkswagen. Les dirigeants et les syndicats de la marque Volkswagen s'efforcent de limiter les effets de la concurrence de Skoda, le constructeur tchèque qui fait pourtant partie du même groupe, en voulant transférer une partie de sa production en Allemagne et en lui faisant payer davantage pour l'utilisation de technologies communes.

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Problèmes de concurrence entre des marques du groupe Volkswagen
Volkswagen s'efforce de limiter les effets de la concurrence de Skoda, le constructeur tchèque qui fait pourtant partie du même groupe, en voulant transférer une partie de sa production en Allemagne et en lui faisant payer davantage pour l'utilisation de technologies communes.

Alors que Volkswagen supprime des dizaines de milliers d'emplois et tente de tourner la page du "Dieselgate", la bonne presse obtenue par les derniers modèles Skoda et la rentabilité élevée du constructeur tchèque ont exacerbé la concurrence entre les deux marques au sein de l'empire Volkswagen, qui détient aussi Audi et Porsche.

VW estime désormais que Skoda bénéficie d'avantages indus - ceux de pouvoir utiliser de la technologie allemande avec de la main d'oeuvre bon marché - et la marque veut réaffirmer sa primauté au sein du groupe avant l'avènement de l'ère électrique, ont dit des sources.

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Les dissensions entre VW et Skoda ravivent les tensions au coeur du groupe Volkswagen, à la fois entre emplois et bénéfices et entre contrôle centralisé et autonomie des 12 marques qui le composent. "Plutôt que de concentrer tous nos efforts à faire mieux que Tesla, on crée peut-être les conditions d'un conflit interne stérile", a dit un dirigeant.

Un temps objet de moqueries pour son image rétrograde, Skoda a changé de visage depuis que Volkswagen en a pris le contrôle il y a 26 ans, le constructeur s'étant taillé de jolies positions sur le segment des voitures de petite et moyenne gamme, dégageant l'an dernier une rentabilité supérieure à celle d'Audi.

Skoda juste derrière Porsche

Cette rentabilité est ainsi ressortie à 8,7% en 2016 - seul Porsche a fait mieux que Skoda au sein du groupe - contre une marge opérationnelle de seulement 1,8% pour la marque VW.

Entre 2013 et 2016, le bénéfice opérationnel de Skoda a été multiplié par plus de deux, à 1,2 milliard d'euros, grâce à l'entrée en service progressive de la plate-forme MQB, partagée avec VW. Le constructeur tchèque tire aussi parti d'une main d'oeuvre bon marché, avec un salaire horaire moyen de 10,10 euros en République tchèque, où sont assemblées la plupart de ses voitures, contre un niveau de 38,70 euros en Allemagne.

Au vu de la bonne santé de Skoda, certains représentants syndicaux de Volkswagen exigent le transfert d'une partie de la production du constructeur tchèque dans des usines allemandes sous-utilisées, a dit à Reuters une source proche du conseil de surveillance. Ce à quoi le principal syndicat de Skoda a répondu que cela pourrait se traduire par une perte de jusqu'à 2.000 emplois en République tchèque.

Les syndicats de VW estiment également que Skoda devrait payer une redevance plus élevée en échange de son droit d'utiliser la plate-forme MQB, qui sert également pour des voitures Audi et Seat.

Au vu de ces éléments, il est possible que la réunion du conseil de surveillance du 17 novembre, qui doit approuver les budgets d'investissements annuels au sein du groupe, ne soit pas exempte de tensions.

Pour Reuters, Andreas Cremer, Benoit Van Overstraeten pour le service français

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