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Problème de bande passante en Alberta

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Problème de bande passante en Alberta © Andrew - Wikimedia commons - c.c.

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Au Canada, le résultat, ce 13 mai, des élections provinciales en Colombie-Britannique a provoqué des soupirs d’aise au sein du puissant lobby pétrolier dans la province voisine de l’Alberta. La raison ? À la surprise de tous, le Parti libéral au pouvoir en "BC" l’a conservé et son leader Christy Clark est une supportrice affirmée de deux projets de pipelines (Enbridge et Kinder Morgan) reliant l’Alberta au Pacifique. Ce sujet, objet de furieux débats locaux, est crucial pour l’Alberta qui recèle un tas d’or (noir) : ses sables bitumeux, dont la production doit doubler en dix ans. Décrié pour son impact écologique, ce pétrole produit par Shell, Syncrude ou Suncor affronte un sujet plus basique. Extrait au milieu de nulle part, il connaît un bête souci d’évacuation vers les zones de raffinage et de consommation. Pipeline, trains, camions, barges : les voies existantes saturent. Il en faut d’autres, des pipelines surtout.

Ce problème de tuyau conditionne l’envol de la production et même sa rentabilité. De par cet engorgement (et aussi car il se raffine mal), le pétrole albertain est bradé 30 à 40% moins cher que le Brent ! Pour lui, trois sorties sont possibles selon un schéma en "T" : l’ouest vers le Pacifique, l’est vers les bassins industriels de l’Ontario ou du Québec et les ports atlantiques, et enfin le sud vers les États-Unis. L’état fédéral, dirigé par le libéral Stephen Harper (élu… de l’Alberta), soutient tous ces projets. Mais chaque voie nécessite de nouvelles infrastructures avec leur lot de contraintes économiques et, surtout, de bisbilles politiques ou internationales. L’option sud est celle du pipeline américain Keystone XL, projet aussi majeur que controversé reliant l’Alberta aux raffineries du Texas.

Barack Obama, tiraillé entre réalisme et écologie, hésite à donner son feu vert. Il doit décider avant l’été, mais rien n’est moins sûr. La voie orientale prend, elle, à rebours une part de l’opinion et de la classe politique au Québec, dressée contre les huiles et gaz non conventionnels. Pire, débouché naturel de cette route, l’Europe drapée de sa vertu écolo projette d’interdire l’importation du pétrole bitumineux trop sale à son goût ! Reste donc la sortie ouest, qui vient de s’affirmer un peu plus. Seule, elle ne désengorgera pas l’Alberta. Mais pour le Canada, l’enjeu est de trouver aussi, avec cette voie, de nouveaux clients dans le Pacifique, Chine en tête. Stephen Harper fait passer le message à chaque visite à Pékin. Et l’an passé, le pétrolier chinois Cnooc a été autorisé par Ottawa à s’emparer de Nexen, l’un des opérateurs des sables albertains, pour 15 milliards de dollars. En Chine aussi, on a dû se réjouir du résultat des élections en Colombie-Britannique.

Pierre-Olivier Rouaud

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