Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Prix spécial du jury : Le pari Dengue de Sanofi Pasteur

Publié le

Le groupe pharmaceutique a transformé son usine rhodanienne pour y fabriquer un vaccin avant l’obtention de la licence. Risqué mais audacieux.

Prix spécial du jury : Le pari Dengue de Sanofi Pasteur
Le site chimique de Neuville fabrique les quatre antigènes du vaccin contre la dengue.

Le site en chiffres
 Chiffre d’affaires :  site en phase de démarrage
Effectif :  230 salariés
Production : 1 milliard de vaccins en dix ans
 

Un projet pharaonique. Le vaccin contre la dengue, que Sanofi Pasteur devrait commercialiser à partir de 2016, c’est vingt ans de travail, 1 000 chercheurs, 1,5 milliard d’euros d’investissements… Il fallait bien cela pour une maladie qui touche chaque année 230 millions d’individus. Pour le géant de la pharma, le projet a été une première par bien des aspects. Le coût, d’abord. "Il s’agit du plus gros investissement jamais consenti par le groupe pour un nouveau vaccin. La partie industrielle du projet représente à elle seule 350 millions d’euros, dont 300 millions ont servi à la transformation du site de Neuville", souligne Antoine Quin, le directeur du site de Neuville-sur-Saône (Rhône-Alpes).

Le risque également, car l’industriel a fait le choix de produire sans attendre la validation finale du vaccin, qui ne devrait pas être accordée avant la fin de l’année. Les dirigeants se veulent rassurants. "Nos études ont montré une réduction des infections sévères de 95 %", assure Bruno Guy, le directeur des affaires scientifiques et de la R & D sur ce projet. "C’est la première fois qu’un groupe pharmaceutique occidental développe et fabrique un vaccin spécialement pour le marché des pays émergents, complète Éric Berger, senior vice-président chargé de la stratégie industrielle globale. Nous ne voulions pas annoncer aux gouvernements de pays touchés par la Dengue : “Ça y est, nous avons la licence pour notre vaccin, maintenant il nous faut deux ans pour l’industrialiser”. Nous voulions que les premières doses soient livrées dès l’obtention de la licence".

100 millions de doses par an

À projet inédit, méthodes inédites. L’industriel a créé une société, la Sanofi Pasteur dengue company. "L’intérêt était d’avoir des cycles de décision courts, afin d’afficher le niveau d’agilité d’une start-up", commente Antoine Quin. C’est dans cette équipe réduite qu’a été prise la décision de produire en France. D’un ancien site de fabrication de produits chimiques, il a fallu faire un site conforme aux impératifs de la biotechnologie. "Fabriquer un virus, c’est travailler avec du vivant, rappelle le responsable de production Thierry Youhanna. Entre la culture des cellules qui serviront de substrat au virus, et le développement du virus proprement dit, le process dure près d’un mois. Il n’y a pas de droit à l’erreur".

Pour suivre ce processus et anticiper les dérives, les équipes de Mtech, filiale de Sanofi Pasteur chargée de la modélisation mathématique, ont développé un outil qui suit les quelque 5 000 paramètres de la fabrication. Le groupe compte aussi sur le lean pour optimiser la production. Même si la cadence actuelle ne représente qu’un quart de la capacité nominale, fixée à 100 millions de doses par an, les opérateurs jouent le jeu : ils font comme si l’usine tournait à plein, et les projets d’amélioration se multiplient. "Le système lean est encore en cours de création, mais nous avons déjà mis en place plusieurs briques, parmi lesquelles le 5S, le management visuel, des boucles kanban dans chaque bâtiment ou encore du Smed (changement rapide d’outils), justifie Gilbert Tavel, le responsable de la performance industrielle du site. Nous avons déjà réalisé 800 chantiers depuis 2011 et visons un chantier par ligne et par mois".

Si Sanofi Pasteur a pris le plus gros risque de son histoire avec ce vaccin, il a tenu à ce qu’il ne soit pas répercuté sur ses fournisseurs. "Nous avons décidé de leur donner davantage de visibilité sur nos enjeux, notre production, nos goulets, assure Nicolas Lameger, le responsable supply chain globale. Avec certains fournisseurs, nous avons engagé de véritables démarches collaboratives".

Frédéric Parisot

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle