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Prix "projet industriel" - Louis Bon - Accoucheur de plates-formes pétrolières

Ludovic Dupin

Publié le

Usinenouvelle TV

Prix projet industriel - Louis Bon - Accoucheur de plates-formes pétrolières

Ce mardi 22 novembre, Louis Bon, debout dans un coin de la salle, dégage une certaine tension. Sur scène, Christophe de Margerie, le PDG de Total, discourt de l’importance de l’Angola pour son groupe. Dans l’assistance, le ministre angolais du pétrole, Botelho de Vasconcelos, et de nombreux dirigeants du pétrolier français, tel le patron de l’exploration-production Yves Darricarrère, écoutent attentivement. À la fin de sa présentation, le patron français se tourne vers l’ingénieur des Mines de Paris et lance un sincère : "Bravo Louis. Et merci." Louis Bon ne bronche pas. Impassible derrière ses lunettes, il esquisse un simple hochement de tête. Ce n’est que quelques minutes plus tard, au milieu du cocktail, un amuse-gueule à la main, qu’il explique: "C’est dur de quitter le bébé quand même!" Ce bébé, c’est le FPSO Pazflor.

Ce "floating production storage and offloading" est tout simplement le plus gros bateau au monde avec 325 mètres de longueur pour 65 de largeur et 120 000 tonnes sur la balance. Ancrée à 150 kilomètres au large de la capitale angolaise Luanda, la gigantesque barge va extraire 220 000 barils de pétrole par jour au terme de sa montée en puissance. Elle peut emmagasiner 1,9 million de barils dans ses coques. "Et encore, le bateau ne représente que la partie émergée de l’iceberg, s’exclame-t-il. Sous l’eau, il y a 10000 tonnes de matériel et 180 kilomètres de câbles et d’ombilicaux."

La construction de cet édifice titanesque est sous la responsabilité de Louis Bon depuis novembre 2008. Il permet d’exploiter le pétrole de quatre champs distincts, produisant deux huiles de qualités différentes, l’une fluide et légère, l’autre lourde et visqueuse. Pour pomper cette dernière, il a fallu séparer le gaz du pétrole dans des unités sous-marines, une première mondiale. Lorsque Total lui a confié ce projet de 9 milliards de dollars et l’un des plus grands chantiers du monde pétrolier, Louis Bon n’a pas frémi. L’ingénieur, aujourd’hui âgé de 54 ans, est rodé à ce type de prouesses. "J’étais très excité. Même si c’est un très gros chantier, nous réalisions déjà des choses comparables."

«J’ai toujours rêvé d’expatriation. J’ai donc tout de suite pensé aux grandes compagnies pétrolières. c’est pour cela que j’ai rejoint total comme jeune ingénieur.»

 

Une sérénité nourrie par son parcours chez Total. Entré en 1981, il s’est fait la main au Qatar, en Iran, en Thaïlande après avoir rejoint la division projets au début des années 1990. Sur Pazflor, Louis Bon était à la tête d’une équipe de 350 salariés de Total. Et supervisait les milliers d’employés de sous-traitants. Jusqu’à 3000 simultanément: 22 nationalités ont pris part aux travaux. "À certains moments, le soleil ne se couchait plus sur le projet", s’amuse l’ingénieur. Dans quelques semaines, il laissera les clés de Pazflor à ses collègues de Total Angola. "Il reste encore quelques utilités à démarrer, à mettre en place l’injection de gaz dans les réservoirs de pétrole... J’aurai terminé en janvier", précise-t-il.

Alors que la fin de sa mission approche, Louis Bon se souvient avec émotion de ce mois de janvier 2009. Lors de la cérémonie de lancement de la construction du FPSO, c’est lui qui avait appuyé sur le bouton de découpe de la première tôle de la coque. Deux ans plus tard, le bateau quittait le chantier coréen et entamait un long périple de 86 jours pour rejoindre sa position définitive dans le golfe de Guinée. Au cours de ces trois dernières années, Louis Bon a consacré son rare temps libre à sa femme, à ses deux enfants… et aux résultats de l’OM, une obligation pour ce natif de Marseille. Le projet Pazflor fini, il sent qu’il a besoin d’un peu de repos. "Je n’ai pas encore pris mes vacances d’été", s’amuse-t-il en cette fin novembre. Après, il lui faudra repartir vers une nouvelle terre, car il rêve encore et toujours d’expatriation.

 

 

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