L'Usine Energie

Prix du pétrole et des métaux: jusqu'où ira la chute?

Franck Stassi , , ,

Publié le

Les investisseurs sont de plus en plus nombreux à parier sur le fait que les matières premières s'approchent enfin de leur prix plancher. La baisse de l’activité de forage de pétrole aux Etats-Unis et les plans de réduction de coûts envisagés dans l’industrie des métaux sont autant d’actions à même de favoriser une remontée des prix de ces produits, estiment certains analystes. Encore faut-il que la demande se maintienne.


Bloomberg Commodity Index – 18 novembre 2015

L’index des prix des commodités de Bloomberg, qui agrège les prix de 22 produits différents, a chuté de 29,9% en un an (graphique ci-dessus), pour s’établir à 81,7422 points. "Il est tombé à son plus bas niveau depuis août, se rapprochant de niveaux jamais vus depuis la crise financière mondiale de 2008-2009", constate l’agence. L’indice Thomson Reuters/CoreCommodity CRB, qui réunit 19 produits, a pour sa part reculé de 30,8%, à 183,71 points.

Signe de cette dégringolade quasi-généralisée, le chiffre d’affaires lié aux matières premières des 10 premières banques d’investissement dans le monde a perdu 17% au cours des neuf premiers mois de l’année 2015, à 3,7 milliards de dollars d’après le cabinet anglais de conseil à l’industrie financière Coalition.

Perte d'influence de l’Opep sur le marché du pétrole

La plupart des matières premières sont touchées par ce mouvement, à l'instar des prix du Brent (-46,3% en un an). Dans l’attente de la prochaine réunion de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), le 4 décembre à Vienne, la banque néerlandaise ABN Amro rappelle que l’offre actuelle de pétrole est largement excédentaire. Mais aussi que mais aussi que la chute des cours met en danger la production de pays non-décisionnaires: "La baisse des prix du pétrole est en partie due à la stratégie de l'Opep de chercher à protéger et, si possible, même d'élargir sa part de marché", affirme son analyste chargé de l’énergie, Hans Van Cleef.

La banque allemande Commerzbank estime "peu probable" l’hypothèse d’une réduction de la production de l’Opep. En réalité, des coupes dans les quotas de l'Opep seraient sans doute immédiatement compensées par une offre accrue des autres producteurs. Face à cette situation nouvelle, le cartel est écartelé et les intérêts de ses membres divergent. L'Arabie saoudite peut se contenter d'augmenter les volumes et de préserver sa part de marché jusqu'à la remontée des prix. Ce n'est pas le cas du Venezuela par exemple.

Pour les deux banques, les Etats-Unis constituent la clef de la réduction de l’offre excédentaire sur le marché du pétrole. "La baisse de l’activité de forage confirme qu’un prix du baril de WTI inférieur à 50 dollars constitue un seuil limite, qui a été atteint par de nombreux producteurs. Bien que cela écarte une nouvelle dégringolade sur le marché du pétrole, seule une baisse significative de la production de pétrole des États-Unis est susceptible d’alimenter une remontée des prix", explique l’analyste de Commerzbank Barbara Lambrecht.

Trop de métaux

Les prix des métaux ne sont pas en reste, comme l’illustrent la chute des prix du platine (-26,8%) ou encore du cuivre (-26,7%) au cours de l’année écoulée. Depuis le 1er janvier, les prix du charbon à coke ont quant à eux décroché de 27%, ceux du minerai de fer de 32%, et ceux de l’acier de 37%. Une offre abondante, les difficultés économiques traversées par la Chine (le pays assure 60% de la consommation mondiale de charbon à coke et de minerai de fer, et 50% de la consommation d’aluminium, de zinc, de cuivre et de nickel) ainsi qu’un dollar fort constituent quelques facteurs explicatifs de ces chutes. "Les marchés des métaux ont besoin d'importantes réductions de la production, ce qui devrait apporter davantage d’équilibre au marché et favoriser une remontée des prix", indique l’économiste en charge de l’industrie et des métaux industriels d’ABN Amro Casper Burgering.

Exportations chinoises d'acier en volume (diagramme jaune, en tonnes) et variation d'une année sur l'autre (courbe, en %)

Source : ABN Amro

Cap sur la réduction de la dette

Dans ce contexte, la prudence est de mise pour les acteurs du secteur. "Le nouveau repli des prix du pétrole et des matières premières accroît la pression sur les dirigeants des ressources naturelles à tenir leurs programmes de réduction de la dette et réduire les coûts pour maintenir leurs dividendes", estime ainsi Bloomberg.

Parmi les dernières annonces en date figurent celle du belge Nyrstar, premier producteur mondial de zinc, qui compte se recentrer sur la métallurgie et la suspension du projet de remplacement de la centrale thermique de la SLN chez le français Eramet, confronté à la chute du nickel et du manganèse. Fin septembre, des craintes sur l’état de santé financier du groupe minier et de négoce suisse Glencore avaient contribué à faire chuter sa valeur boursière de 30% en l’espace d’une journée.

Franck Stassi

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1 commentaire

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18/11/2015 - 22h32 -

M.Stassi que pensez vous des titres de cuivre canadien tels que first quantum(f.m) hudbay mineral (hbm) lundin mining (lun) pour les avoir suivi depuis les années 2008 ils me semblent tous fortement abordable avec potentiel de rendement élevé.?
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