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L'Usine Agro

Prix du lait : les industriels tirent la sonnette d’alarme

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Les transformateurs laitiers s’estiment pris en étau, entre les éleveurs et les distributeurs et demandent une revalorisation de leurs prix de vente, pour restaurer leurs marges mises à mal en 2012.  

Prix du lait : les industriels tirent la sonnette d’alarme © DR

Nouveau bras de fer dans les négociations sur le prix du lait. Cette fois, l’achoppement entre distributeurs, transformateurs et producteurs concerne le marché des produits à marques distributeurs (MDD). Il représente les deux tiers du marché du lait de consommation en France. Les distributeurs ont consenti dans leur grande majorité à une revalorisation de leurs prix payés aux producteurs, à l’issue de la table ronde de la filière organisée le 8 avril.

La Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), qui représente notamment Carrefour, Auchan et Casino, a proposé d'augmenter de 2 centimes le prix d'achat du litre pendant trois mois, tandis qu’Intermarché a accepté une hausse de “2 centimes par litre aux agriculteurs français, 4,5 centimes pour le lait bio” sans limite dans le temps, et de “se fournir exclusivement auprès des producteurs français”. Mais pour les industriels, “le compte n’y est pas”. “Depuis 2012, on est sur une hausse moyenne de 10 % du prix du lait et davantage encore attendue cette année. Or les prix payés par les distributeurs ne bougent pas. Les transformateurs sont pris en étau”, souligne Christelle Josse, la directrice de la Fédération nationale des coopératives laitières (FNCL), secteur qui pèse près de 55 % de la collecte laitière en France (45 % pour les groupes privés).

25 millions d’euros de pertes pour Candia en 2012

Ces hausses sont très insuffisantes. Elles ne permettent pas de restaurer les marges dégradées des transformateurs depuis deux ans”, insiste Frédéric Chausson, le directeur du développement coopératif de Candia (groupe Sodiaal). “En 2012, Candia a perdu 25 millions d’euros”, souligne-t-il à L’Usine nouvelle, évoquant la nécessité de fermer trois de ses usines de lait de grande consommation, comme annoncé en novembre 2012. “Il faut arrêter de penser que les transformateurs s’en mettent plein les poches. C’est faux !”, lance-t-il. Pour lui, il faudrait que la hausse des prix d’achats des distributeurs atteigne “une dizaine de centimes d’euros par litre, par rapport au point bas de 2012”. “Si nous n’obtenons pas de hausses de prix suffisantes, nous serons obligés d’arrêter d’autres usines et la collecte de lait”, menace-t-il.

La table ronde organisée le 8 avril réunissant les distributeurs, éleveurs et transformateurs, a laissé ces derniers plus que dubitatifs. “Une fois passés les effets d’annonce des distributeurs, nous allons voir ce qu’il va se passer dans les négociations bipartites entre industriels et distributeurs qui vont se poursuivre ces prochains jours”, explique Christelle Josse. Mais la nomination le 8 avril par le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, d’un médiateur des négociations, en la personne de Francis Amand, fait déjà grincer des dents chez les industriels. La cause ? Parmi ses missions, il devra veiller à ce que la totalité de la hausse soit au bénéfice des producteurs. Difficile dans ces conditions de restaurer les marges des transformateurs…

Adrien Cahuzac

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