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[Prix de l'ingénieur manager] Marianne Sénéchal, à grande vitesse

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L'Usine Nouvelle et Industrie et Technologies ont remis le 5 décembre les Trophées des Ingénieurs du futur. Marianne Sénéchal est lauréate du prix de l'ingénieur manager. Elle a créé un esprit d’équipe en un temps record pour concevoir la ligne 15 Est du métro parisien. 

[Prix de l'ingénieur manager] Marianne Sénéchal, à grande vitesse
Marianne Sénéchal est lauréate du prix de l'ingénieur manager aux Trophées de l'Ingénieur du futur.
© Luc Perenom

Elle avait déjà conçu des ponts hors normes, puis dirigé le prolongement du RER E, mais jamais conduit un projet de cette ampleur. Quinze gares toutes reliées au réseau francilien, 22 kilomètres de tunnels, vingt ouvrages annexes… À concevoir en trois ans et à construire en dix, et ce, dans un environnement très urbanisé. Le projet de la ligne 15 Est du Grand Paris Express, qui reliera le Stade de France à la ville de Champigny, dans le Val-de-Marne, est titanesque. Le tracé du tunnel scotché tout le long d’un mur du bureau de Marianne Sénéchal, la directrice du projet chez Egis Rail, en atteste. Ce qu’il implique en termes d’organisation est tout aussi impressionnant. L’ingénieur des Ponts et Chaussées de 52 ans, carré gris et regard bienveillant, énumère, les yeux rivés sur un organigramme touffu : "Trois ingénieristes, six cabinets d’architectes, dix entreprises de sous-traitance." Au total une équipe de 180 personnes d’une quinzaine de nationalités différentes.

Le rôle de Marianne Sénéchal est de sélectionner les bons profils, de créer du lien entre les individus, puis de s’assurer que les souhaits des ingénieurs et des architectes sont en adéquation avec les exigences du client, Société du Grand Paris. "Ce qui est compliqué, c’est qu’il faut rester suffisamment informée des enjeux techniques et avoir du recul", résume-t-elle. Un rôle auquel les différents postes qu’elle a occupés chez Egis l’ont préparée. Vingt-cinq années de carrière durant lesquelles elle est passée de postes techniques à des fonctions plus managériales.

Start-up géante

Pour lier les différents acteurs du projet, l’équipe a été réunie sur un même plateau à Montreuil, en Seine-Saint-Denis, et sous le nom d’une entité commune : Koruseo. "J’ai repris l’idée de nos confrères de la ligne 16. J’y tenais, car précédemment j’ai travaillé sur le projet Eole où tout le monde était dispersé et c’était très difficile à gérer. Là, je peux prendre la température des différentes équipes en me déplaçant sur le plateau", détaille-t-elle. La nouveauté par rapport aux équipes de la ligne 16 : la présence des architectes, que Marianne Sénéchal a réussi à faire venir aux côtés des ingénieurs. Chose peu commune.

Plus que de rassembler ces personnes sur un plateau, l’ingénieur diplômée de l’École nationale des Ponts et Chaussées et de l’École spéciale des travaux publics, est parvenue à créer un esprit d’équipe. Grâce, selon elle, à la préparation de l’appel d’offres. "Nous étions une quinzaine, les têtes de pont du projet, et nous avons fait beaucoup de réunions et d’ateliers pour préparer notre oral. Le fait d’avoir répété autant nous a ainsi permis d’apprendre à nous connaître. Cette cohésion a été ensuite distillée dans les équipes", raconte-t-elle. Le moment où ils gagnent l’appel d’offres reste, évidemment, l’instant le plus fort du projet pour la directrice. Mais elle cite aussi une fête de Noël, des moments conviviaux. "Cela compte, car nous sommes soumis à beaucoup de stress. C’est comme de créer une start-up avec 180 personnes, tout cela dans un temps limité", compare-t-elle. Sauf que, contrairement à une start-up, Koruseo n’a pas le droit à l’erreur. Impossible de prendre du retard pour respecter son budget de 2,2 milliards d’euros. Son stress personnel, Marianne Sénéchal le gère avec des séances de yoga et surtout sa famille, qui l’aide à "prendre du recul". Mais elle doit aussi veiller à celui des autres. Notamment à cette heure, où l’équipe est en train de vivre un moment particulièrement intense : son second livrable, 1 500 documents de notes et de plans, est attendu par la Société du Grand Paris pour décembre. 

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1 commentaire

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11/01/2018 - 16h24 -

Et les riverains, où sont-ils dans un tel programme et qui se préoccupe d'eux et les nuisances qu'ils auront à subir, pendant combien de temps.....?
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