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L'Usine de l'Energie

Prix de l’essence : quand la baisse est moins rapide que la hausse

Publié le

La polémique autour des prix du carburant est repartie durant le week-end suite aux déclarations du patron de Total, Christophe de Margerie. Au cœur du problème : les différences de répercussion lors des hausses et baisses du cours du pétrole.

Prix de l’essence : quand la baisse est moins rapide que la hausse © blizy78 - Flickr - C.C.

Selon le ministre du Travail, Xavier Bertrand, les pétroliers français mettraient davantage de temps à répercuter les baisses du cours du pétrole que les hausses. Avec un impact négatif sur le pouvoir d’achat. Des critiques auxquelles les professionnels du pétrole répondent avec vigueur. "Dire que l'évolution des prix est plus rapide dans un sens que dans l'autre n'est pas juste, assure Jean-Louis Schilansky, président de l’Union française des industries pétrolières (Ufip). Il y a un effet mécanique du marché, et globalement cela prend huit à dix jours pour qu'une évolution des cours du brut soit répercutée sur les prix à la pompe, que ce soit à la hausse ou à la baisse". Même argument de défense pour Alexandre de Benoist, délégué général de l'Union des importateurs indépendants pétroliers (comme les enseignes Carrefour, Casino, Cora et Auchan). Selon lui, "quand le prix baisse, on le répercute, quand il monte, on le répercute, et on le fait aussi vite pour les baisses que pour les hausses".

Des différences vieilles de 20 ans

Mais Thomas Porcher, économiste et coauteur d’une étude de l'ESG Research Lab publiée par le 6 juillet sur la répercussion à la pompe des variations du prix du pétrole brut entre 1990 et 2011, n’est pas du même avis. Ce travail scientifique va plus loin que l’étude de la DGCCRF publiée en mai et qui portait sur les évolutions des prix sur deux semaines. Et le constat est sans appel : quand le prix du brut progresse de 1%, la hausse du gazole par exemple est de 0,12%. A l’inverse, quand le prix du baril chute de 1%, la baisse immédiate du prix de l’essence est de 0,07%.

Des tarifs à la hausse
Selon la Direction générale de l'énergie et du climat (DGEC), les prix des carburants ont progressé de 2 centimes environ la semaine dernière, suivant la tendance de la hausse des cours du brut. Après deux semaines consécutives de recul, le gazole s'est échangé en moyenne à 1,3061 euro le litre, contre 1,4844 euro le litre pour le super sans plomb 95.

 

"Ce que le consommateur a du mal à comprendre, c’est que les fluctuations ne soient pas répercutées de manière équitable à la hausse et à la baisse", assure l’économiste. Pour l’heure, les industriels se font peu entendre sur le sujet, qui concerne davantage le consommateur, selon l’expert. Dans le domaine du transport routier par exemple, la Fédération nationale des transports routiers (FNTR) explique que "quelques voix se font parfois entendre. Mais globalement, les industriels du secteur appliquent la loi de 2006 sur la répercussion des prix des carburants sur leurs clients".

Besoin de transparence

D’après Thomas Porcher, pour afficher davantage de transparence, les pétroliers devraient publier un document de référence, expliquant quelles sont leurs différentes marges. "Le prix du carburant se définit à 60% par des taxes, il y a aussi une marge de raffinage mais on ne sait rien sur la marge matières premières engrangée par les pétroliers, car le coût d’extraction diffère selon chaque site pour les pétroliers, explique l’expert. Si Total nous indiquait les coûts pour chaque site, cela permettrait peut-être de mieux comprendre, et de mieux accepter les différences de répercussion".

Et le débat ne risque pas de s’éteindre, car le gouvernement est attentif que jamais. "Le prix du pétrole va être un des sujets de la campagne de 2012, c’est certain", d’après Thomas Porcher. En cause ? Le fait que le prix du baril ne cesse de grimper. "La mesure de l’Agence internationale de l'énergie en juin (ndrl : remettre sur le marché 60 millions de barils) consistait à mettre un pansement sur une plaie, assure-t-il. Mais l’évolution des prix à la hausse ne s’arrêtera pas si les pays de l’OPEP n’ouvrent pas leurs quotas".

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