Prix de l'électricité : EDF joue les prolongations

Le PDG d'EDF a réclamé mercredi par voie de presse une hausse de 20% des tarifs d'électricité sur trois ans, alors que l'entreprise vient de clore un emprunt qui lui a permis de récolter auprès des particuliers plus de 3,2 milliards d'euros. Il défend aujourd’hui son point de vue.

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Prix de l'électricité : EDF joue les prolongations

Pierre Gadonneix, a défendu ce jeudi sa demande de hausse de 20% des tarifs de l'électricité en France sur trois ans ou plus en mettant en avant les importants besoins du groupe public en matière d'investissements. «La hausse sera bien sûr étalée dans le temps. Pour vous donner un ordre de grandeur, si on l'étale sur trois ou quatre ans, cela fera une hausse pour le budget des ménages de l'ordre de deux à trois euros par mois», a-t-il déclaré lors d'une interview accordée à RTL. «Ce rattrapage est pour pouvoir assurer - à nos enfants et à nous-mêmes - que la réussite du projet industriel d'EDF soit pérennisée. Sinon, dans dix ans, tout le succès du nucléaire sera derrière nous», a ajouté Pierre Gadonneix.





Cette prise de position a suscité une levée de boucliers dans l'opposition comme dans la majorité. « Ce qui aurait été bien, c'est que M. Gadonneix n'annonce pas ça juste une fois que l'emprunt qu'il a contracté auprès des Français est clos », a déclaré le porte-parole du PS Benoît Hamon sur i-Télé. « Je ne trouve pas ça normal », a poursuivi M. Hamon, pour qui cela veut dire que « le consommateur va payer les intérêts pour ceux qui ont prêté de l'argent à EDF ».

Pour sa part, le réseau Sortir du nucléaire met en cause la pertinence des investissements choisis par le groupe pour justifier ses besoins. « EDF a racheté British energy fin 2008 au prix fort, environ 15 milliards d'euros, alors que la valeur de l'entreprise britannique s'est depuis effondrée avec la crise financière mondiale. De plus, cet investissement insensé a été fait dans le but de construire des EPR en Grande-Bretagne : EDF demande l'argent des français pour construire des réacteurs nucléaires… outre-Manche » dénonce l’ONG. « Par ailleurs, toujours fin 2008, EDF a racheté, pour 5 milliards d'euros, 50% des activités nucléaires de l'électricien américain Constellation, dans le but de construire des réacteurs EPR aux USA... alors que l’EPR risque de ne pas être homologué par les autorités américaines », souligne l’association.

L'endettement d'EDF, que le groupe cherche à réduire à travers un programme de cessions, s'élevait en effet à 24,5 milliards d'euros à fin 2008 contre 16,3 milliards à fin 2007 après les acquisitions de British Energy et son projet de rachat d'une partie des actifs nucléaires de l'américain Constellation. Enfin, le réseau associatif anti-nucléaire note que le parc nucléaire français et le chantier du réacteur EPR à Flamanville plombent aussi les finances d'EDF : « le taux de disponibilité du parc nucléaire est tombé en 2008 en dessous de 80% (cela signifie que chaque réacteur est arrêté en moyenne un jour sur cinq !) ce qui coûte de lourdes sommes à EDF dont les réacteurs sont en mauvais état et se dégradent rapidement.»

Le dirigeant d'EDF répond en faisant valoir que les tarifs de l'électricité en France, qui résultent obligatoirement d'une décision du gouvernement, avaient progressé moins vite que l'inflation ces dernières années. La dernière augmentation en août 2008 était de 2%. Il a également souligné que l'électricité était 30 à 40% moins chère en France que dans les autres pays européens. EDF et l'Etat ont signé en octobre 2005, au moment où l'entreprise est devenue société anonyme contrôlée par l'Etat, un contrat de service public. Il garantit jusqu'en 2010 une augmentation des tarifs de l'électricité qui ne peut dépasser le niveau de l'inflation pour les particuliers.

A.L.

Aux USA, un sommet sur la sécurité nucléaire en mars 2010

Le président américain Barack Obama invitera les dirigeants de 25 à 30 pays à un sommet sur la sécurité nucléaire en mars 2010, a annoncé la Maison Blanche mercredi. M. Obama accueillera ce sommet car «il estime que le terrorisme nucléaire constitue la menace la plus immédiate et la plus urgente à la sécurité mondiale», a indiqué Mark Lippert, l'un des responsables du Conseil national de la sécurité américain à la presse lors d'une conférence téléphonique. L'objectif principal de ce futur sommet sera de sécuriser les stocks de matériel nucléaire qui risquent d'être volés et de doper la coopération internationale pour combattre le trafic de matériel et de technologies nucléaires, a ajouté M. Lippert. «Ceci est une autre étape importante de l'ordre du jour (concernant) la non-prolifération que le président a proposé», a-t-il relevé.

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