L'Usine Nouvelle

Prise d’otages en Algérie : une piqûre de rappel pour les sociétés françaises

Ludovic Dupin , ,

Publié le

Entretien Louis Caprioli est conseiller du groupe français Geos, spécialiste de la sécurité et présent dans 80 pays. Il revient sur la prise d’otages en Algérie et considère qu’elle doit être une piqûre de rappel : les entreprises françaises doivent vérifier leurs procédures de sécurité.

Prise d’otages en Algérie : une piqûre de rappel pour les sociétés françaises © DR

L'Usine Nouvelle - Est-ce que les entreprises françaises doivent s’inquiéter suite aux événements algériens, y compris en dehors du Sahel ?

Louis Caprioli - Il ne faut pas succomber à un vent de panique. Une prise d’otages est forcément très inquiétante ! Mais il ne faut pas oublier que même durant les années de plomb des années 90, les entreprises françaises ont continué à travailler dans tout le Sahel. Aujourd’hui, les entreprises à travers le monde doivent mener une analyse rationnelle de leur sécurité.

Est-ce que leur dispositif est adapté pour faire face à un risque d’attaque de fondamentalistes en Indonésie, de fusillades entre narcotrafiquants au Mexique, de criminalité de droit commun au Brésil… ? Cet événement en Algérie doit être pris par les sociétés françaises comme une piqûre de rappel. Il faut s’assurer que la routine des mesures de sécurité ne vire pas à l’indifférence.

Les entreprises présentes en Afrique du Nord annoncent renforcer leur sécurité. Que font-elles concrètement ?

La plupart des entreprises refusent de décrire ce qu’elles font. C'est, d’une part, pour des raisons de sécurité. D’autre part, c’est qu’il est délicat de montrer à un pays que l’on se sent en insécurité totale sur son territoire. Concrètement, ces entreprises vont mettre en place des interdictions de sorties ou d’accès à des zones de regroupement pour leurs salariés.

Elles vont organiser de nouveaux exercices de sensibilisation de leurs équipes et offrir, à ceux qui le souhaitent, la possibilité d’exercer leur droit de retrait. Les entreprises ont un devoir moral de protéger les salariés. Mais la chaîne hiérarchique jusqu’au PDG encourt également un risque civil et pénal en cas de manquement à la sécurité. C’est la jurisprudence Karachi.

Quels sont les secteurs d’activité les plus sensibles ?

Le pétrole a toujours fait l’objet des opérations les plus spectaculaires. Mais c’est aussi un des secteurs qui sont les mieux protégés par les Etats. Le tourisme est également une cible importante, dite "cible molle" car c’est un secteur très difficile à protéger. Au-delà, il n’y a pas de vrais secteurs à risque, les assaillants étudient soigneusement les sites et saisissent la moindre opportunité.

Propos recueillis par Ludovic Dupin

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