Prionics face au dépistage systématique

Un dépistage systématique de l'ESB exigerait 6 millions de tests. Dans l'hypothèse d'une indisponibilité du Prionics, les deux autres tests homologués par le CEA pourraient bénéficier d'une seconde chance.

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Prionics face au dépistage systématique

Après l'affaire Carrefour-Soviba, l'heure semble venue de généraliser le contrôle de la viande de boeuf. Jacques Chirac plaide pour un dépistage systématique de la " vache folle " en abattoirs. Mais Jean Glavany, ministre de l'Agriculture, rétorque que la France n'est pas en état aujourd'hui de systématiser les tests, " pour des raisons qui sont à la fois d'ordre matériel " et " d'ordre scientifique ". Passer des 48 000 tests prévus par le programme de surveillance active à 6 millions, chiffre estimé par le ministre, exige donc une disponibilité du test Prionics. Mais certains experts remettent en cause l'aptitude du suisse à fournir en temps voulu de tels volumes. " La technologie employée limite l'automatisation de la production ", reproche un expert. L'impossibilité de Prionics à répondre aux besoins offrirait alors une seconde chance aux deux autres tests homologués par le CEA : le test Platelia-BSE de l'américain Bio-Rad et celui de l'irlandais Enfer Scientific. Face à cette accusation, qui bouleverserait son monopole, le suisse s'insurge. " Si, demain, la France nous demande 6 millions de tests pour une année, nous pourrons les fournir sans problème ", rétorque Karl Kalf, directeur du marketing au siège de Zurich. 6 millions de tests pour la société correspondent à une production de 1 200 kits par semaine. Un chiffre qui n'a pas l'air d'effrayer la société ! Si la disponibilité n'est pas un problème, pourquoi l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) utilise-t-elle aussi, en plus du test de référence, le test Bio-Rad depuis un mois ? " Nous savons que nous serons amenés à utiliser ce test dans le futur, explique Thierry Baron, chef de l'unité de virologie des agents transmissibles non conventionnels. Plus sensible que le test Prionics, il est aujourd'hui réalisé en complément d'informations sur certains cas, et surtout en confirmation. " Bio-Rad déjà prêt Dans l'éventualité d'une pénurie de tests, Bio-Rad se tient prêt à s'engouffrer dans la brèche. " Chaque année, nous produisons 35 millions de tests de dépistage de l'hépatite et du sida sur le même modèle que le Platelia-BSE. Et notre capacité est trois fois supérieure ", précise Nicole Vanhove, consultante chez Bio-Rad. La Belgique et le Luxembourg ont déjà choisi Bio-Rad comme test de référence, et d'autres pays européens s'y intéressent fortement. Quant à la société Enfer Scientific, " nous n'en entendons plus parler ", se réjouit la concurrence. Mais si la France autorisait l'utilisation des trois tests homologués par le CEA, les laboratoires ne seraient-ils pas confrontés à des problèmes d'interprétation et de cohérence ? Les avis divergent. " Dès lors que l'on multiplie le nombre de laboratoires et de tests, les discordances s'amplifient ", déclare Thierry Baron. Le président du Comité sur les encéphalopathies subaiguës spongiformes transmissibles et les prions, Dominique Dormont, rappelle l'existence d'une étude d'intercomparaison des trois tests sur un échantillonnage conséquent. Pour lui, la coexistence de trois tests n'est pas un problème. En outre, les laboratoires travaillent à la mise au point de nouvelles technologies. Prionics démarre la validation de son test de deuxième génération. Passant du modèle Western Blot d'identification de la protéine d'intérêt par un anticorps au modèle Elisa, fondé sur une réaction immunologique, ce test sera plus sensible et plus simple d'utilisation. Renversement de situation aussi pour Bio-Rad, qui a mis au point une méthode Western Blot, plus sensible que celles existantes, qui permettra de confirmer son test Elisa. En fin de compte, on risque d'aboutir à l'utilisation de deux tests au lieu d'un !


Les acteurs Prionics (Suisse) Prix 100 francs. Technologie Western Blot. Le test de référence choisi par la France. Enfer Scientific (Irlande) Prix 100-150 francs. Technologie Elisa. Le test le plus rapide. Bio-Rad (Etats-Unis) Prix 200 francs. Technologie Elisa. Le test le plus sensible.

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