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L'Usine Matières premières

Printemps chaud dans la métallurgie allemande

Publié le

Outre-Rhin, les « métallos » réclament 5 % d'augmentation de salaire. Dans l'impasse depuis plusieurs mois, les négociations avec le patronat pourraient déboucher sur un mouvement de grève généralisé.

C'est la réunion de la dernière chance. IG Metall et Gesamtmetall se retrouvent, ce 6 avril, pour une ultime séance de négociation sur les salaires dans la métallurgie. Après trois mois de discussions tendues, les points de vue semblent difficiles à réconcilier : le puissant syndicat (2,38 millions d'adhérents) demande 5 % d'augmentation, alors que la fédération patronale veut indexer la revalorisation sur la hausse de la productivité, soit 1,4 %.

Chaque camp a affûté ses arguments. « 5 %, ce n'est pas trop demander. Depuis dix ans nous n'avons pour ainsi dire eu aucun coup de pouce », revendique Bernd Eberle, vice-président du comité d'entreprise de l'usine Alstom de Salzgitter (dans le nord du pays) dont 90 % des 2 500 salariés sont syndiqués. Entre 2000 et 2005, les salaires n'ont progressé que de 1 % outre-Rhin, en valeur réelle, contre 6,5 % en France et 12,6 % en Grande-Bretagne, selon l'institut WSI. Alors que les signes de reprise se multiplient, les métallurgistes veulent obtenir leur part du gâteau. Et IG Metall entend bien profiter de ce mécontentement pour se refaire une santé. L'organisation a besoin de réhabiliter son image, ternie par l'échec des grèves dans l'est du pays en 2003, et ne souhaite pas laisser le champ de la contestation à Ver.di, le syndicat du secteur tertiaire (2,36 millions d'adhérents), qui organise des grèves dans l'ensemble du pays depuis déjà neuf semaines.

En face, la position de Gesamtmetall n'a pas bougé d'un iota et son président, Martin Kannegiesser, appelle les métallos à la raison : « Une augmentation de 5 % causerait des dommages irréparables à la seule locomotive que nous ayons encore au niveau international : l'industrie métallurgique et électronique », a-t-il lancé récemment. « En raison du niveau élevé des salaires dans la branche, une hausse de 2 % de la rémunération moyenne en Allemagne correspond à une progression de 2,7 % en France et de 16 % en Pologne », renchérit Martin Leutz, le porte-parole de l'organisation patronale. Et Gesamtmetall argumente sur les disparités existant dans l'automobile - les succès de BMW et de Porsche ne peuvent gommer les difficultés de Volkswagen - et l'hétérogénéité d'une branche dont un quart des entreprises se trouve sous le seuil de rentabilité.

Alors que des débrayages ont déjà lieu depuis quelques jours, les entreprises s'inquiètent d'une extension du conflit. Certaines, comme les filiales d'Ugine Savoie et de Schneider Electric, seront épargnées car elles sont sorties du système des conventions tarifaires. Mais beaucoup d'autres devraient être touchées de plein fouet, comme le site de Valeo de Bietigheim, dans le Bade-Wurtemberg, dont 68 % des salariés sont syndiqués. Ces mouvements peuvent-ils fragiliser la reprise qui s'annonce ? L'institut économique IW de Cologne s'appuie sur les grèves de 2002 pour évaluer l'impact sur la production : « Dix jours de grève coûteraient environ 1 milliard d'euros à l'industrie », estime Hagen Lesch, l'un des experts, qui ajoute toutefois que l'automobile, actuellement en sureffectif, souffrirait moins que d'autres secteurs.

Risques de rupture de stocks

Martin Kannegiesser souhaite une solution rapide afin de tenir les engagements pris par l'industrie envers les clients du monde entier. « Les grèves auront d'autres conséquences, comme les ruptures de stocks qui incitent les clients à s'approvisionner auprès d'autres fournisseurs, à l'étranger par exemple », explique Martin Leutz. Un danger perçu par le dirigeant d'un équipementier français installé en Allemagne : « Nous avons augmenté la production en début de semaine et gérons au mieux les stocks. Nos clients allemands sont en général confrontés aux mêmes problèmes. Quant aux autres, il va falloir leur expliquer », assure-t-il, en espérant une sortie de crise rapide.

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