Prime aux salariés : "D’un mal, on a fait en partie un bien" (CGPME)

L’opinion des dirigeants des PME et des entreprises intermédiaires est contrastée sur la prime aux salariés. C’est ce que révèle un sondage réalisé par Opinion Way et commandité par Banque Palatine, Challenges et i>Télé. Jean-Eudes du Mesnil, secrétaire général de la CGPME, remet les résultats dévoilés dans leur contexte et s’exprime sur leur signification.

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Prime aux salariés :

L'Usine Nouvelle - Selon le sondage dévoilé ce 23 juin, 66% des 300 patrons sondés pensent que la prime obligatoire est une bonne mesure pour motiver les salariés. Qu’en dîtes-vous ?
Jean-Eudes du Mesnil - Ce sondage porte sur les entreprises affichant entre 15 et 500 millions d’euros de chiffre d’affaires. Donc on ne se situe pas dans les PME de base ! Il faut garder cela en tête à la lecture de ce sondage.

Plus loin dans le sondage, on voit que 40% des entreprises interrogées ont versé des dividendes. Ce qui ne correspond pas à la réalité globale puisque seules 15% des entreprises sont constituées sous forme de SA ou de SAS et peuvent distribuer des dividendes dans l’Hexagone.

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Toujours dans ce sondage, on voit que seuls 35% de ces dividendes étaient en augmentation. Et que 14% envisagent de verser une prime sur la base légale. Cela fait peu de monde !

Vous êtes contre cette prime ?
Le gouvernement ne doit pas décider à la place des actionnaires, disent les sondés. Nous sommes d’accord. C’est notre position de principe. Cela nous semble être une immixtion de l’Etat dans les affaires des sociétés.

L’entreprise est une entité vivante. Des fois, il faut réinvestir ses résultats dans l’activité économique, des fois il faut les verser sous forme de dividendes. Rendre obligatoire une prime, c’est contraire à la réalité économique de l’entreprise. Cela entrave sa souplesse.

Ce sondage montre que 50% des entreprises préféreraient verser des primes plutôt qu’un salaire. Ce serait l’un ou l’autre, dans un cadre de prime obligatoire. On comprend dès lors que contraints, les chefs d’entreprises bloqueront en contrepartie les salaires. Cela ne va pas augmenter le pouvoir d’achat ! Or lorsqu’ils ne sont pas obligés, les patrons procèdent et à des augmentations de salaire, et à des versements de primes.

Qu’avez-vous défendu, à la CGPME, dans le cadre de ce projet gouvernemental ?
Il se trouve que pour les entreprises de moins de 50 salariés, cette prime est facultative. Notre préoccupation était qu’une distorsion de concurrence se fasse jour, entre les entreprises de plus de 50 salariés pouvant verser des primes défiscalisées et exonérées de charges, et les plus petites qui ne le peuvent pas.

A l’Assemblée nationale, nous nous sommes battus bec et ongle pour un amendement et l’avons obtenu. En clair, un chef de petite entreprise, qui met en place des primes, peut désormais distribuer des primes qui auront le même traitement que la prime obligatoire. Le patron bénéficiera du crédit d’impôt à hauteur de 30% des sommes distribuées.

Par ailleurs, les accords d’intéressement ne porteront plus sur une période obligatoire de trois ans, mais d’un an. Les PME étaient réticentes à se projeter à trois ans. Désormais, c’est très incitatif.

Le dispositif actuel vous satisfait-il donc ?
Oui, d’un mal on a fait en partie un bien. Le dispositif a eu un périmètre à géométrie très variable ! Aujourd’hui, a priori, on parle de 4 millions de salariés bénéficiaires. Quant au montant avancé moyen de 700 euros, j’aimerais savoir d’où viennent ces chiffres, puisque le montant de la prime doit être issu d’une négociation au sein de l’entreprise.

Il s’agit d’un mécanisme obligatoire qui va concerner peu d’entreprises, mais accolé désormais à un volet doté d'un mécanisme très incitatif pour les PME. Ce volet va concerner, j’en suis sûr, beaucoup de monde.

ANA LUTZKY

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