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Prière de recycler vos avions !

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A Tarbes, Tarmac Aerosave déconstruit et revalorise les aéronefs depuis le début de l'année. La filiale d'Airbus, Snecma et Suez Environnement s'installe sur un marché potentiel de 6 000 appareils à recycler dans les vingt ans à venir.

Prière de recycler vos avions !

Que faire des avions à bout de souffle, comment les revaloriser ? Dans la prochaine décennie, la question va gagner de l'ampleur avec l'arrivée en fin de vie des appareils sortis des chaînes d'assemblage durant les années 1970-80. Plus de 6 000 aéronefs de plus de 100 places devraient stopper leur carrière dans les vingt prochaines années à travers le monde, soit près de 300 par an, contre une centaine à l'heure actuelle. Alors qu'aujourd'hui, la plupart des vieux avions sont parqués - ou plutôt abandonnés - sur les tarmacs des aéroports les moins dynamiques ou démantelés de manière « artisanale » et très peu soucieuse de l'environnement, la législation européenne (notamment) devrait évoluer vers plus de contraintes pour les propriétaires en matière de recyclage.

Pour faire face à cet enjeu, qui constitue aussi une opportunité de création d'activité, Airbus (dont les premiers modèles, A300 et A310, atteignent leur limite d'âge), Snecma, Sita (groupe Suez Environnement), Equip'Aéro (maintenance et équipementier), Tasc Aviation (filiale d'Airbus dédiée au négoce de pièce et basée à Dubaï) et Aéroconseil (ingénierie et services) ont fondé en juin 2007 Tarmac* Aérosave sur la zone aéroportuaire de Tarbes (Hautes-Pyrénées). Cette société prestataire, dont le hangar et les installations sont opérationnels depuis le début de l'année, concrétise le projet pilote européen Pamela Life mené de mars 2005 à novembre 2007 sur le management des avions en fin de vie. Visant la valorisation de 85 % de la masse d'un aéronef (contre 50 à 60 % aujourd'hui), les partenaires ont opté pour le « processus 3D » (dépollution, désassemblage et déconstruction) avant de trier et diriger les matériaux vers les filières de retraitement appropriées.

Dépollution, désassemblage et déconstruction

Première étape, la dépollution débute dès l'arrivée de l'appareil, afin de le mettre en sécurité pour le personnel et l'environnement. Les réservoirs de carburant sont vidangés, puis dégazés. Huiles moteurs, hydrauliques, eaux usées... tous les fluides sont récupérés, puis expédiés pour être retraités. L'ensemble des éléments répertoriés dangereux, comme les extincteurs ou les néons, suivent le même chemin.

Peut alors commencer le désassemblage des équipements (près de 1 000 par avion) dans le respect des normes « Part 145 ». D'une durée moyenne de six semaines, cette deuxième phase consiste à extraire, puis à déposer les éléments recommercialisables après examen en atelier. Réacteurs, trains d'atterrissages, équipements hydrauliques, conditionnement d'air, commande de vols... seront ensuite ré-avionnés.

Troisième étape, la déconstruction de la carcasse, qui prend environ 3 semaines, vise à séparer les matières et matériaux recyclables de celles et ceux qui ne le sont pas, afin d'optimiser le taux de recyclage. L'aéronef est prédécoupé en plusieurs tronçons avec des outils adaptés à la spécificité des matériaux identifiés (alliages d'aluminium, acier inoxydable, titane, plastiques, aciers, déchets d'équipements électriques et électroniques...). Ces derniers sont triés, puis sélectionnés pour être dirigés ver les différentes filières de retraitement, qui les réintroduiront dans l'aéronautique ou dans d'autres secteurs industriels. La finesse du tri est décidée selon le cours des métaux en vigueur. « Pas la peine de dépenser trop d'énergie à isoler un métal dont le prix a chuté », relève Sébastien Medan, responsable de la déconstruction. Les matériaux non valorisables partent vers les filières d'élimination (incinération ou enfouissement).










Tarmac Aerosave, qui a découpé cinq avions à ce jour, vise 30 à 50 appareils par an à l'horizon 2012-2013. « Soit un chiffre d'affaires de quelque 6 millions d'euros, si en outre les aires de stockage-maintenance sont occupées par une vingtaine d'aéronefs », explique Philippe Fournadet, PDG de la société tarbaise qui emploie aujourd'hui une douzaine de personnes et devraient en recruter entre 40 et 60 dans les quatre années qui viennent. Se rémunérant uniquement sur la prestation rendue aux propriétaires d'avions, Tarmac devra tester sa rentabilité. Le modèle économique de la déconstruction reste à construire.

Matthieu Maury


* Tarmac pour Tarbes Advanced Recycling & Maintenance Aircraft Company

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