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Prêts pour la fusion avec Rhône-Alpes

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À l’exception du Cantal, qui craint d’être marginalisé, l’Auvergne se félicite de rejoindre l’une des régions les plus riches d’Europe. Entrepreneurs et élus s’y préparent déjà.

Prêts pour la fusion avec Rhône-Alpes © D.R.

Les entreprises citées

fusionner c’est bien, mais il faut voir ce qu’on met dans la corbeille de la mariée ! », résume un chef d’entreprise auvergnat. Adoptée sans hésiter par les deux présidents de régions socialistes, René Souchon et Jean-Jacques Queyranne, la fusion entre Rhône-Alpes et Auvergne semblait déjà une évidence pour un bon nombre de patrons, avant même qu’elle ne soit adoptée par le Parlement. À l’instar de Moïse Deglon, le PDG de la coutellerie Deglon, à Thiers (Puy-de-Dôme). « C’est une bonne chose, assure-t-il. Oui, sans réserve ! Tous ceux qui craignent d’être mangés par Lyon ne doivent pas avoir peur. Mieux vaut être petit parmi les grands que le contraire. J’ai déjà eu l’occasion de m’appuyer sur les services de Rhône-Alpes pour me développer à l’export. Ils sont très compétents et ont des réseaux partout dans le monde. Beaucoup plus que l’Auvergne seule. »

Renforcer la compétitivité des entreprises

Du côté des chambres de commerce et d’industrie, même son de cloche. Pour Isidore Fartaria, le patron du groupe Tittel et président de la CCI du Puy-de-Dôme, la fusion est déjà une réalité depuis longtemps. « C’est la suite logique des événements, observe-t-il. En effet, 60 % des échanges économiques de l’Auvergne se font avec Rhône-Alpes. Certes, il y a encore des réticences, mais nous savons que toutes les chambres des deux régions devront, elles aussi, fusionner dans l’avenir. »

Les Chambres régionales de commerce et d’industrie des deux régions n’ont pas attendu bien longtemps pour annoncer leur rapprochement puisque, dès novembre dernier, Bernard Schoumacher et Jean-Paul Mauduy, respectivement présidents de la CRCI Auvergne et de la CRCI Rhône-Alpes, ont officiellement posé les jalons de leur avenir commun en enclenchant le travail préparatoire au rapprochement des deux établissements à l’horizon 2016.

« Nous allons relever le challenge de réussir ce rapprochement, en étant très attentifs à certains aspects essentiels comme la proximité avec les entreprises et le respect des spécificités des territoires », assure Bernard Schoumacher. « L’enjeu de la démarche est bien de conforter le réseau des CCI dans son rôle d’acteur majeur du développement économique de la sixième région européenne en terme de PIB, renchérit Jean-Paul Mauduy. Il s’agira plus que jamais de trouver la meilleure articulation entre, d’une part, le niveau local avec des actions au plus près des entreprises et, d’autre part, le niveau régional qui garantit le développement équilibré d’un vaste ensemble grand comme l’Irlande et composé de multiples territoires, avec leurs forces et leurs faiblesses. »

Pourtant, certains entrepreneurs comme Henri Billard, à la tête de Billard Engrenages et membre du cluster rhônalpin Aerospace, semblent beaucoup plus réservés. « Nous n’en sommes qu’à la genèse. C’est trop tôt pour dire ce que cela va changer, souligne-t-il. Mais je ne me fais pas d’illusions, cela va coûter cher et ne va pas rapporter grand-chose ! Les chefs d’entreprise français sont plus préoccupés par les orientations économiques gouvernementales que par la fusion des régions. »

De leur côté, les deux conseils régionaux n’ont pas tardé à faire des annonces communes. À peine la fusion était-elle définitivement votée par le Parlement, le 25 novembre, que les deux présidents présentaient, dès le lendemain, « les dix premières mesures de l’union Rhône-Alpes-Auvergne ». Parmi elles, des engagements économiques concrets. Transport, recherche et, bien sûr, compétitivité des entreprises sont au programme : présence commune sur des salons internationaux, ou encore soutien des entreprises auvergnates à l’international grâce à une convention de coopération entre les deux agences de développement économique des deux régions.

Doutes et espoirs

De là à dire que cette nouvelle alliance transforme le quotidien des petits chefs d’entreprise… « Nous sommes et nous serons toujours livrés à nous-mêmes, déplore le patron d’une PME cantalienne, qui préfère ne pas être cité. Loin des yeux, loin du cœur ! Le Cantal était déjà loin de Clermont-Ferrand, alors de Lyon, vous pensez bien que nous n’allons plus peser grand-chose. » Un discours qui va dans le sens du président du conseil général du Cantal, l’UMP Vincent Descoeur, vent debout contre cette fusion. « C’est le pire des scénarios pour notre département, déplore-t-il. Il condamne le Cantal qui sera le plus petit des départements de la grande région et le plus éloigné des grands centres de décision. »

« Soyons optimistes ! insiste Hamid Berkani, le vice-président (PS) du conseil régional d’Auvergne, chargé de l’économie. Nous avons échappé à la fusion avec le Limousin et nous allons nous marier avec la septième région économique d’Europe. Cela ne pourra être que positif, à la fois pour les clusters et pour les patrons de PME qui vont pouvoir bénéficier de la force de frappe de Rhône-Alpes, notamment à l’international. »

Même discours enjoué pour le patron de 3i nature, président du cluster Nutravita et président de la marque territoriale Auvergne Nouveau Monde. « Sans fusion, il y aura une fragilisation des territoires de taille moyenne comme l’Auvergne, prévient-il. Il faut raisonner au plan mondial. Mais pour réussir, il va aussi falloir s’organiser et se structurer. » Le prochain défi de l’Auvergne si elle veut vraiment exister au sein de ce grand ensemble.

« Les entrepreneurs n’ont pas à s’inquiéter »
 

Xavier Omerin, PDG du groupe Omerin (850 salariés, 155 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2014)


Que va changer la fusion entre Auvergne et Rhône-Alpes pour les chefs d’entreprise ?

Ce qui peut contribuer à changer leur vie, c’est de s’attaquer en profondeur à l’instabilité fiscale, à l’insécurité juridique et à la simplification du droit du travail, qui sont des boulets pour les chefs d’entreprise. Mais tout cela ne dépend pas des régions…
 

Votre groupe incarne déjà la fusion, puisque sur neuf sites de production, sept sont répartis entre Auvergne et Rhône-Alpes…

J’ai eu l’occasion de bénéficier des compétences de Rhône-Alpes pour m’organiser à l’export. Ils ont une réelle expertise en la matière, qui va permettre à d’autres chefs d’entreprise auvergnats d’en profiter. Si le rassemblement des deux régions permet de restructurer des équipes et de dégager de nouvelles ressources, ce sera positif. Sinon, la fusion ne servira pas à grand-chose…
 

Comprenez-vous l’inquiétude de certains patrons auvergnats, notamment dans le Cantal ?

Les entrepreneurs n’ont pas de raison de s’inquiéter, que ce soit dans le Cantal ou ailleurs. La qualité des entreprises, c’est leurs entrepreneurs. Quelqu’un qui est bon dans le Cantal sera bon partout, et quelqu’un qui est mauvais à Lyon sera mauvais partout ! J’en suis la preuve vivante, en ayant mon siège social à Ambert, un territoire excentré et rural qui ne nous a pas empêchés de réussir… 

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