Election présidentielle 2017

[Présidentielle] Marine Le Pen utilise l’industrie pour promouvoir la fermeture des frontières

Cécile Maillard

Publié le

Marine Le Pen, la candidate du Front National, se placerait en deuxième position au 1er tour de la Présidentielle selon les premières estimations, ne parle d’industrie que pour stigmatiser les délocalisations et promouvoir le "produire en France", dont les hérauts ne seraient que les PME.  

[Présidentielle] Marine Le Pen utilise l’industrie pour promouvoir la fermeture des frontières

Marine Le Pen n’a visité qu’une usine, durant sa campagne, celle de Fermap, à Behren-lès-Forbach, en Moselle, dirigée par Pascal Jenft, conseiller régional Front national. Pour la patronne du FN, ce fabricant de fenêtres et portes symbolise sa vision de l’industrie : une petite entreprise, implantée sur un territoire, qui produit français. Ce 18 janvier, en Lorraine, elle prône une "révolution de la proximité face à une mondialisation sauvage" et un retour au "produire en France". Une façon de décliner la priorité nationale, cœur du projet du FN.

La fermeture d'Amiens Whirlpool récupérée

En fait, Marine Le Pen instrumentalise l’industrie pour justifier les mesures protectionnistes qu’elle défend. Sur les plateaux télé et en meetings, elle utilise à tout bout de champ la fermeture de l’usine Whirlpool d’Amiens (Hauts-de-France), annoncée en janvier par le groupe américain, qui regroupe ses activités en Pologne. Montre du doigt cette "délocalisation", interne à l’Union européenne, pour justifier le retour des frontières en Europe et une taxation des importations. Récupère la détresse des 290 salariés mis sur la touche en accusant les pouvoirs publics de ne rien faire pour eux, alors que les syndicats ont été reçus à Matignon et que la région s’active. Elle attaque aussi les grands groupes, responsables de tous les maux, pour mieux défendre les petites entreprises, par qui le salut viendra, forcément. "Amiens Whirlpool ne fermera pas, j’en prends l’engagement", va-t-elle jusqu’à affirmer, sans dire comment elle compte s’y prendre.

L’Europe et l’euro responsables de tous les maux de l’industrie, avec la mondialisation… Le discours prend forcément chez les plus désespérés. Et chez les salariés et patrons de PME, à qui elle promet monts et merveilles. Mais Marine Le Pen ne propose rien pour relancer l’industrie, n'a pas un mot sur l’industrie du futur. Pour la candidate d’extrême-droite, le numérique représente plutôt une menace pour l’emploi : elle réclame un secrétariat d’Etat chargé d’anticiper les mutations du travail dues à la robotisation et à l'ubérisation de l’économie.

Faire peur, encore et toujours, pour mieux se replier derrière ses frontières, ses petites entreprises, ses productions d’antan.

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