Présidentielle : Chérèque invite à jouer franc jeu

Réformiste, impatient, le secrétaire général de la CFDT interpelle le Medef et les candidats. Il dénonce les contradictions des propositions sociales. Et s'insurge contre l'arrogance à la française...

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Présidentielle : Chérèque invite à jouer franc jeu
En exclusivité pour le Club de L'Usine Nouvelle, François Chérèque répond aux questions des lecteurs membres. Morceaux choisis.

L'assouplissement des 35 heures en débat, oui mais...
«J'accepte le débat, mais à condition qu'il porte sur l'ensemble du dispositif. Et donc sur les aides colossales attribuées aux entreprises : 23 milliards d'euros, ce n'est pas rien ! Un deuxième élément est aussi à prendre en compte : l'augmentation de la productivité horaire des salariés français. Elle a permis de couvrir une partie du coût de la réduction du temps de travail. Troisième point : les 35 heures ont souvent comporté des modérations salariales. On a créé des mécontents des deux côtés. Mais depuis, le gouvernement Raffarin a fait passer deux lois d'assouplissement qui, souvent ne sont pas utilisées ou à la marge. J'essaie donc de ne pas avoir de position dogmatique sur le sujet. Et je partage la critique de la mise en œuvre qui n'a pas toujours été bonne. Je parle surtout de la troisième loi (Aubry II après Robien et Aubry I) qui a introduit une application unique, comme si tout le monde chaussait la même pointure !»

Patriotisme économique contre responsabilité sociale.
«EDF est leader en République Tchèque : cela ne gêne personne. Mais si une entreprise italienne s'approche de Suez, on brandit le patriotisme économique ! Je crois plutôt que c'est de l'arrogance à la française. En trente ans, on est passé du «Construisons français » du parti communiste au patriotisme économique de Dominique de Villepin. Personnellement, je trouve qu'il est plus utile de s'intéresser à la responsabilité sociale des entreprises et à la relation qu'elles entretiennent avec les salariés. Une entreprise étrangère peut être socialement responsable et une entreprise française pas du tout. On l'a vu avec le désamiantage du Clémenceau. Il était prévu de le faire en Inde, contre le respect des règles françaises de protection des salariés. Le comportement social de l'entreprise n'est pas lié à l'origine du capital. De toute façon, si vous enlevez dans les entreprises françaises les fonds qui sont étrangers, il ne reste plus grand-chose. Mais ce n'est pas la couleur bleu-blanc-rouge qui fait la responsabilité sociale.

Quelles relations avec le Medef ?

«Son discours et son ton est différent. Laurence Parisot a proposé une vaste délibération sociale. Il faut tenter le coup. Nous verrons si c'est mieux à l'aune des résultats. Mais attention au double jeu ! Pour l'instant, il y a toujours des contradictions. D'un côté, le Medef nous invite à la négociation, de l'autre, via certaines fédérations, il cherche à faire modifier, sans concertation mais par des amendements, le contrat de travail. J'ai deux exemples précis en discussion à l'Assemblée nationale, l'un sur le licenciement de gré à gré, l'autre sur la prise en compte des sous-traitants dans le calcul des effectifs pour le Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT). Il faut que le Medef et ses fédérations clarifient leur position sur le dialogue social et surtout, qu'ils jouent franc jeu. »

Candidats à la Présidentielle : des propositions concrètes !
« J'attends des candidats qu'ils parlent juste. Et plus que tout qu'ils proposent des choses qu'ils sont sûrs de pouvoir réaliser. Le PS a annoncé l'abrogation de la réforme des retraites. Or, il ne reviendra pas aux 37 ans et demi de cotisation pour les fonctionnaires. J'aimerais aussi que les candidat vérifient,quand ils font une annonce, qu'ils n'ont pas fait l'inverse deux ans auparavant. C'est l'exemple des régimes spéciaux. Nicolas Sarkozy dit qu'il faut les réformer alors qu'il a inscrit dans la loi, quand il était ministre de l'Economie, qu'on ne toucherait pas à ceux d'EDF. Que les candidats commencent à respecter cette déontologie. Nous aurons alors des élections qui pourront peut-être donner confiance aux salariés. Mais en sont-ils capables ? »

A lire aussi dans l'Usine Nouvelle N°3032
du 23 au 29 novembre 2006
François Chérèque au Club de L'Usine Nouvelle
L'intégralité de son interview exclusive

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