,Présidente de la Fédération des industries mécaniques

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Présidente de la Fédération des industries mécaniques



"Il est impératif de répercuter les hausses des matières premières dans les prix

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Le mouvement de hausse des prix des matières premières, engagé depuis la fin de 1993, se poursuit. Quel est son impact sur les industriels utilisateurs?

Les entreprises mécaniciennes subissent en effet depuis un an des hausses sensibles de certains postes constitutifs de leurs prix de revient, matières premières et composants. Qui plus est, ces hausses s'ajoutent à l'accroissement des charges des entreprises non liées aux résultats, notamment la taxe professionnelle. En ce qui concerne les matières premières, l'augmentation a atteint pour certains produits plus de 30%! Cette situation, due au climat de reprise économique internationale qui induit le mouvement des cours mondiaux, est supportée actuellement par des secteurs industriels dont l'activité a augmenté de façon très inégale. Par exemple, les fournisseurs de biens d'équipement n'enregistrent pas encore de leur côté de redémarrage de l'investissement. Une simulation réalisée d'après la structure moyenne des achats dans les industries mécaniques montre que ces hausses des matières engendrent dans l'ensemble un surcoût de l'ordre de 3%. Mais pour des fabricants d'articles en aluminium-inox ou d'outils en métaux durs, l'impact direct des relèvements effectués et programmés à court terme pourra atteindre 10%!

Comment réagissent les grands clients et donneurs d'ordres de la mécanique?

On ne peut pas dire que les clients acceptent facilement l'idée de la répercussion de ces hausses sur les prix de vente. Vous connaissez la position de l'automobile, sa recherche de productivité et de baisse des prix de revient; pour leur part, les marchés de l'aéronautique se traitent en dollars et l'évolution de cette monnaie ne favorise pas l'augmentation des prix. Dans les secteurs de l'équipement, comme dans ceux de la fourniture industrielle, la concurrence est très forte tant au plan français que sur les marchés internationaux, et, de ce fait, les clients sont peu sensibles aux arguments justifiant les hausses de prix. Au plan européen, les perturbations qui durent depuis deux ans et qui sont les conséquences des désordres sur les parités monétaires ne sont pas encore résorbées sur de nombreux marchés. Enfin, sur les produits destinés aux consommateurs, la tendance est également aux prix bas.

Cette situation peut-elle compromettre l'exercice 1995 des industries mécaniques?

Il n'est pas encore possible d'annoncer un chiffre moyen sur les marges 1994 dans nos industries, mais je vous rappelle que les marges 1993 étaient très faibles et, en tout état de cause, insuffisantes pour préparer l'avenir, c'est-à-dire innover et investir. Si le volume d'activité a globalement augmenté en 1994, mais avec des situations très diverses suivant les professions, les marges sont restées souvent à de faibles niveaux. Il est donc impératif pour les industriels de la mécanique de répercuter dans leurs prix les hausses de leurs achats. Pour beaucoup d'entreprises, c'est la survie qui est en jeu.

USINE NOUVELLE N°2485

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