Président "moderne", Valéry Giscard d’Estaing lègue son héritage industriel

L’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing est mort mercredi 2 décembre à 94 ans. Défenseur d’une politique libérale, le chef d’État avait initié plusieurs grands projets industriels qui gardent toute leur modernité.

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Président
Le président Valéry Giscard d'Estaing en visite dans une usine Renault en 1976 à Douai (Nord). (Photo by - / AFP)

Un Immortel s’en va. L’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing est mort à 94 ans des suites du Covid-19 mercredi 2 décembre. Avant Emmanuel Macron, “VGE” était devenu en 1974 le plus jeune locataire de l’Élysée, à 48 ans. Malgré sa non-réelection, le chef d’État laisse derrière lui plusieurs réformes majeures.

Du nucléaire aux télécoms

Membre de l’Académie française et Polytechnicien, Valéry Giscard d’Estaing osait des comparaisons entre l’énergie et l’écriture. "La production et la distribution d’électricité sont au cœur des progrès de notre société, comme l’écriture l’est pour la littérature", présentait l’ex-président au premier World Nuclear Exhibition en 2014.

Arrivé au pouvoir après le premier choc pétrolier, VGE assure la mise en oeuvre du plan Messmer pour doter la France de centrales nucléaires. “Fervent défenseur de la stabilité monétaire et de l’équilibre budgétaire, il œuvra également à la politique d’indépendance énergétique du pays”, salue l’Élysée dans un communiqué. En 1981, au terme de son mandat, le président défendait d'ailleurs ses grands choix de politique énergétique lors d'un entretien avec L'Usine Nouvelle.

D’abord sceptique au sujet du TGV, VGE accélère sa construction lorsqu’il déclare le projet d’intérêt public en 1976. Le chantier de la première ligne à grande vitesse débute entre Paris et Lyon (Rhône). Deux ans plus tard, le fameux train orange Patrick est livré et peut débuter ses tests. Dans le même temps, VGE fait d’une priorité nationale le développement du réseau téléphonique. Entre 1974 et 1978, le nombre de raccordements triple pour atteindre 8 millions de lignes. Le président lance aussi l'aventure française du Minitel.

Fin des Trente Glorieuses et construction européenne

Surnommé le “président moderne”, Valéry Giscard d’Estaing a accompagné d’autres changements pendant son septennat (1974-1981) : construction européenne avec le lancement de l’Agence spatiale européenne (ESA), progrès sociaux avec la légalisation de l’avortement portée par la ministre de la Santé Simone Veil...

Derrière ces grands projets, les années VGE marquent aussi la fin des Trente Glorieuses : désindustrialisation, chômage, inflation... Le désarmement du paquebot France symbolise une seconde partie de mandat sous le signe de l’austérité. Il quitte l’Élysée avec un célèbre “au revoir” en 1981.

Une deuxième carrière dans les institutions commence pour lui, que ce soit dans son fief auvergnat ou au niveau européen. “À partir de 1989, il fut élu député au Parlement européen, et s’engagea en faveur d’une constitution commune, qu’il voyait comme un gage de solidarité entre les États et les peuples, en présidant la Convention sur l’avenir de l’Europe en 2002 et 2003”, retrace l’Élysée. Un engagement mal récompensé lorsque les Français votent “non” en 2005 au référendum sur le traité établissant une constitution pour l'Europe. En 1981, il était devenu membre de droit du Conseil constitutionnel où il avait croisé quelques uns de ses successeurs.

S’éloignant petit à petit de la politique, Valéry Giscard d’Estaing rejoint les Immortels de l’Académie française en 2003. Après avoir été le plus jeune candidat élu à l’Élysée, VGE représentait le doyen de ceux qui ont présidé la France sous la Cinquième République.

Simon Chodorge
Simon Chodorge

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