Président du syndicat du tréfilage et de l'union des syndicats de la première transformation de l'acier"Une spirale inquiétante: les dévaluations à répétition

Partager



Président du syndicat du tréfilage et de l'union des syndicats de la première transformation de l'acier

"Une spirale inquiétante: les dévaluations à répétition

"

Alors que le dollar est passé sous la barre des 5francs, le comité monétaire européen vient de décider une dévaluation de 7% de la peseta et de 3,3% de l'escudo. Deux mauvaises nouvelles pour les exportateurs?

Le changement des taux pivots des monnaies espagnole et portugaise entérine la baisse de ces monnaies constatée au cours des dernières semaines. Depuis 1992, nous sommes entraînés dans une spirale inquiétante: les dévaluations ne se sont pas accompagnées d'une forte reprise de l'inflation. Les exportateurs sont directement pénalisés. Ils vendent plus difficilement dans les pays à monnaies dévaluées, où les producteurs disposent d'un avantage artificiel. Mais ils sont également touchés par les problèmes rencontrés par leurs clients. C'est toute une filière qui peut être touchée. Cela a été vrai pour l'acier, comme pour d'autres secteurs d'activité. Mais le plus gros problème est cependant posé par le dollar. A 5francs, il n'est plus possible pour beaucoup d'industriels français de gagner leur vie en vendant aux Etats-Unis.

La reprise économique peut-elle amortir le choc des dévaluations?

Sur le marché européen, nombre d'industriels confrontés à la concurrence de producteurs de pays à monnaie faible ont cherché à se décaler vers des produits à plus haute valeur ajoutée. Mais la situation varie selon les pays. Dans mon domaine, le tréfilage, la très bonne activité en Grande-Bretagne a donné beaucoup de travail à nos concurrents et a permis aux importateurs de retrouver à peu près leurs positions antérieures. En revanche, l'Italie reste un pays où il est ingrat de travailler, du fait des difficultés de paiement et de la présence de nombreux fournisseurs. Les dévaluations sont plus faciles à digérer en période de reprise, mais la reconquête de positions se fait toujours au détriment des marges.

Pour les industriels de la transformation de l'acier, quel est le bilan de ces trois dernières années?

Les gros efforts fournis par nos professions (étirage, tréfilage, profilage, laminage, tubes) ont porté leurs fruits. En 1994, nos exportations ont augmenté de 24%, pour atteindre 1,3million de tonnes. Mais cela a un coût, qui se traduit dans le rétrécissement des marges. Ces crises ont tendance à profiter aux plus forts. Ceux qui sont moins bien armés, en termes de compétitivité ou de structure, abandonnent. Et cette perte de substance est dommageable à la profession. S'il faut refaire le même travail que fin 1992 pour s'adapter à une concurrence bénéficiant d'une devise dévaluée, qui sera capable d'un tel effort?

USINE NOUVELLE N°2493

Partager

LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS