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Premiers pas du Conseil européen de la recherche

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C'est à Berlin qu'est inauguré aujourd'hui, 27 février, le Conseil européen de la recherche (CER), lors des manifestations officielles de lancement du 7e programme cadre de recherche développement (PCRD) pour la période 2007-2013.

Premiers pas du Conseil européen de la recherche

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Le CER ? Un énième « machin » européen ? Au contraire. Derrière le CER se cache une agence de financement de la recherche de pointe afin d'explorer « les frontières de la connaissance ». Une grande première pour l'Union européenne. Elle marque en effet un nouveau départ de la recherche européenne exploratoire très anémique ces dernières décennies.  

Doté de 7,5 milliards d'euros, le budget du CER doit bénéficier aux meilleurs chercheurs européens dans le cadre du programme « Idées » du 7e PCRD, dont l'objectif est de soutenir la « recherche exploratoire » de rang mondial. Dans le cadre d'appels à propositions, les financements seront accordés à des projets individuels de chercheurs dans tous les domaines de la recherche fondamentale. Et y compris dans les domaines économiques et sociaux.

Les projets pourront être portés par une équipe de chercheurs ou, c'est une grande nouveauté, par un seul scientifique. Les projets retenus bénéficieront d'enveloppes comprises entre 100 000 à 400 000 euros sur cinq ans. Depuis le 7 février 2007, le CER a ouvert -jusqu'au 25 avril 2007- son premier appel à proposition d'un montant global de 3 millions d'euros. Un autre sera lancé au cours du second semestre 2007 pour un montant de 550 millions d'euros. A partir de 2008, l'agence devrait atteindre son rythme de croisière et lancer alors chaque année des appels à propositions doté au global de 1 milliard d'euros.

Un conseil scientifique indépendant de vingt-deux membres, nommés pour quatre ans, sera chargé d'évaluer et de sélectionner les projets. Le grec Fotis Kofatis, titulaire de la chaire d'immunogénomique du collège impérial de Londres, préside ce comité. Il est épaulé par Daniel Estève, directeur de recherche du CEA de Saclay. Un autre français figure parmi les vingt-deux membres du comité scientifique : Alain Peybraube, directeur de recherche au CNRS et professeur d'étude du chinois à l'Ecole des hautes études en sciences sociale.  

Jusqu'en 2010, le CER devrait fonctionner comme une agence exécutive sous la houlette de la Commission européenne avant de se transformer, après cette date, en une agence indépendante. Le Parlement européen participera au contrôle des choix et de la gestion du CER, dont le budget de fonctionnement ne devra pas dépasser 5% de sa dotation.

Attendue depuis plusieurs années par la communauté scientifique, cette nouvelle structure a aussi pour vocation de financer les projets de jeunes chercheurs et éviter qu'ils ne quittent l'Europe pour poursuivre leurs recherches aux Etats-Unis fautes, notamment, de moyens financiers suffisants sur le Vieux-Continent. 

Car si la volonté de la Commission européenne se concrétise, le CER doit devenir à terme un élément clé de la reconquête du terrain perdu par l'Europe en matière de R&D face aux Etats-Unis et au Japon

« Il est possible d'imaginer un scénario dans lequel, à moyen terme, le CER regrouperait en son sein toutes les activités de la Commission européenne liées à la recherche fondamentale (bourses Marie Curie, soutiens aux infrastructures,...), devenant un véritable point focal de la recherche européenne et, dans une certaine mesure seulement, l'équivalent d'une NSF européenne, à l'image de la National science foundation américaine, qui permet à de jeunes chercheurs de percer rapidement dans les domaines de recherche en émergence », analyse Pierre Papon, professeur émérite de l'Ecole supérieur de physique et chimie de Paris et président honoraire de l'Observatoire des sciences et des techniques (OST).

Jean-Michel Meyer

Pour en savoir plus :
- Consulter le site du Conseil européen de la recherche
- Lire Futuribles n° 327, février 2007. « L'Europe de la recherche et de l'innovation. La trop longue marche vers Lisbonne », par Pierre Papon.

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