Premières difficultés pour Priceline

La société dont le slogan est " faites votre prix ! " revoit ses objectifs à la baisse et ferme deux filiales.

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Premières difficultés pour Priceline

Après eBay, Priceline était jusqu'à présent l'une des valeurs préférées des investisseurs. Son secret ? Miser sur un modèle totalement nouveau : les enchères inversées. Car si eBay propose aux particuliers de mettre leurs biens aux enchères, Priceline, lui, offre aux acheteurs la possibilité de fixer le prix d'achat d'un produit. Aux vendeurs ensuite de s'aligner. Forte de ce principe, la start-up a réalisé un chiffre d'affaires de 482 millions de dollars en 1999. Mais malgré cette performance, les investisseurs s'inquiètent. Le cours de l'action stagne depuis quelques semaines autour des 5 dollars, loin de ses records d'avril 2000, à 170 dollars ! La raison ? Des doutes sur la pérennité du modèle. La première activité de Priceline consiste à vendre des billets d'avion à prix dégriffés. Au lancement du site, les compagnies aériennes étaient soulagées de céder des places non occupées aux prix fixés par les acheteurs. Mais, aujourd'hui, elles disposent de leurs propres systèmes de vente à bas prix. Du coup, les revenus trimestriels liés aux ventes de billets seront inférieurs de 20 à 25 millions de dollars aux prévisions, à environ 340 millions de dollars. Et la croissance de 20 % des revenus générés par les enchères sur les chambres d'hôtel, les locations de véhicules et autres produits et services proposés sur Priceline ne suffira pas à compenser le phénomène. Les fournisseurs ont refusé de rentrer dans le système Dans le même temps, Priceline a aussi connu des échecs avec deux autres filiales. La première, Web House Club, a fermé ses portes, engloutissant près de 360 millions de dollars de capitaux investis. Sur le même concept d'enchères inversées, les consommateurs étaient invités à faire... leurs courses ! Mais ceux-ci ne pouvaient pas préciser de noms de marque. Quant aux fournisseurs, ils ont tout simplement refusé de rentrer dans le système. Ainsi, un représentant de Procter & Gamble estimait que " l'environnement d'achat proposé par WebHouse ne correspond pas à l'univers de nos marques " ! Autre échec de Priceline : son Perfect Yardsale. Cette filiale devait vendre au meilleur prix... des pleins d'essence ! Pour le créateur de Priceline, Jay Walker, l'économie devait approcher 6 dollars par plein. Mais les consommateurs n'ont pas suivi. Ni les investisseurs. Pourtant, les enchères inversées ont séduit la plupart des places de marché réservées aux professionnels. A l'avenir, celles-ci vont peut-être devoir réviser leur stratégie dans ce domaine.

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