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L'Usine Santé

Premières défections aux Assises du Médicament

Publié le

Deux participants viennent d’annoncer qu’ils quittaient les Assises du Médicament. Dénonçant un trop fort lobbying des industriels de la santé sur les débats. L’Usine Nouvelle a recueilli les noms de ses représentants, et la réaction de Christian Lajoux.

Premières défections aux Assises du Médicament © Fotolia

Un mois et demi après leur lancement, les Assises du médicament connaissent leur premier couac. Initiées par le ministre de la Santé, elles étaient sensées rassembler tous les acteurs du système du médicament. Objectif, mettre en place une réforme du système pour que l’affaire du Mediator appartienne au passé. Mais deux participants viennent déjà de déclarer forfait. Le docteur Dominique Dupagne, fondateur du site Atoute.org dédié à l’éthique de la médecine, et le Formindep, collectif de professionnels de santé et patients pour une formation médicale indépendante.

Ils dénoncent le manque de transparence des débats des Assises, organisées à huis-clos sans enregistrement audio ou vidéo. Ainsi que l’absence de vérification par les organisateurs des liens d’intérêt déclarés. Mais c’est surtout la « surreprésentation des firmes et des institutionnels », qui les inquiète. « Entre environ 150 participants initialement invités et les près de 250 actuels, la liste s’est étoffée principalement avec des représentants de l’industrie, ou des experts, professionnels et institutionnels perclus de liens d’intérêts avec l’industrie, qui en seront les porte-parole conscients ou non, critique le Formindep. Cela aboutit à des groupes de travail hypertrophiés (60 participants dans le groupe 4) dans lesquels tout travail devient impossible. » Une omniprésence de l’industrie qui pourrait peser sur l’écriture finale du rapport et ses préconisations.

Tous les grands syndicats de l’industrie


D’après la liste des participants (au 15 mars) que s’est procurée l’Usine Nouvelle, l’industrie pharmaceutique dispose en effet d’une forte représentation aux assises, via leur huit syndicats professionnelles participants :  LEEM (entreprises du médicament, 11 représentants), Afipa (médicaments d’automédication, 3 personnes), Snitem (technologies médicales, 4 personnes), UNPDM (prestataires de dispositifs médicaux, 2 personnes), Synalam (prestataires de santé à domicile, 2 personnes), Gemme (génériques, 3 personnes),  Appamed (dispositifs de soins médicaux, 2 personnes), FEFIS (industries de santé, 2 personnes)… Soit 29 membres, représantant aussi pour certains les 14 laboratoires ou prestataires de services également parties prenantes des assises : Sanofi-Aventis, Pfizer, GSK, Piere Fabre, Ipsen, Lilly, Medtronic, BMS, LFB, Zambon, Abbott Vascular, Becton Dickinson, Laboratoires Bouchara-Recordat et Europharma.

Une forte représentation de l’industrie que le président du LEEM et de la FEFIS, Christian Lajoux, ne reconnaît que dans le groupe 4, consacré au développement de l’information sur les produits de santé, sur les six groupes de travail des Assises. « J’ai une réunion avec mes collègues pour voir comment nous pouvons diminuer cet impact, explique-t-il. Nous sommes peut-être 8 industriels sur 60 dans ce groupe. Il faut que les industriels acceptent que le LEEM représente le collectif. » Mais il n’en dénonce pas moins le coup d’éclat, si tôt, des deux dissidents. «  La politique de la chaise vide ne me semble pas la plus constructive, estime Christian Lajoux, alors que les Assises nous offrent l’opportunité d’échanger, de faire valoir des avis qui ne sont pas nécessairement les mêmes. Et je n’ai pas entendu d’autres participants reprocher aux industriels d’être trop nombreux ou de monopoliser la parole dans les différents groupes. »

L’enjeu pour l’industrie pharmaceutique sera donc de démontrer qu’elle peut être capable d’exercer un lobbying « responsable »… Réponse fin mai, lors des conclusions des Assises du Médicament. D’ici là, les participants dissidents ont déjà obtenu un premier changement : l’enregistrement intégral des séances.

Gaëlle Fleitour
 

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