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L'Usine Aéro

Première pour l’aéronautique de défense

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Entre le Rafale, la maintenance aéronautique et le spatial, la région regorge d’atouts, qui font d’elle le leader français du secteur. Un poids qui ne cesse de se renforcer.

Première pour l’aéronautique de défense
Safran Helicopter Engines a fait de son site landais de Tarnos son centre mondial pour la réparation de turbines d’hélicoptères.

La région est la première en France en matière d’aéronautique de défense, assure Jean Belin, maître de conférence à l’université de Bordeaux et titulaire de la chaire économie de défense du fonds de dotation de l’Institut des hautes études de défense nationale. Si Toulouse peut se prévaloir d’avoir Airbus et nombre de ses sous-traitants, la ville de Bordeaux et sa région sont connues pour accueillir les poids lourds de l’industrie de défense. C’est à Mérignac, deuxième ville de Gironde, que sont assemblés les Rafale par une partie des 1 300 salariés de l’usine de Dassault Aviation, qui y conçoivent également les Falcon. C’est aussi à Mérignac que Thales a investi 200  millions d’euros dans un nouveau campus, qui regroupera début 2017 ses usines girondines du Haillan (Thales Avionics) et de Pessac (Thales Systèmes Aéroportés). Pas moins de 2 700 salariés y travailleront. Aujourd’hui, ne serait-ce qu’à Mérignac, la filière aéronautique compte 10 000 emplois (dont 54 % dans le privé) et 67 entreprises.

Un poids qui ne cesse de se renforcer, puisque Bordeaux est la grande gagnante de la réorganisation de l’armée de l’air. En 2012, la Structure intégrée de maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques du ministère de la Défense (Simmad) et ses 900 salariés ont été transférés sur la base 106 de Mérignac. Son impact est fort sur l’écosystème. La Simmad travaille avec une quarantaine d’entreprises locales, des donneurs d’ordres mais aussi des PME. Dans les faits, tout le soutien logistique et technique à l’armée de l’air en France et à l’étranger est désormais piloté depuis la Gironde. En 2014, le Commandement des forces aériennes a fusionné avec le Commandement du soutien des forces aériennes, hébergé depuis 2006 sur la base 106.

La région a également acquis une solide réputation dans la maintenance aéronautique militaire. L’Atelier industriel de l’aéronautique de Bordeaux, fort de ses 1 000 salariés, est une référence. Il répare les moteurs de tous les aéronefs militaires (Rafale, Mirage 2000, A 400 M…), tandis que Safran Helicopter Engines (ex-Turbomeca), leader mondial des turbines d’hélicoptères, dont le siège social est à Bordes (Pyrénées-Atlantiques), réalise les deux tiers de son chiffre d’affaires avec la maintenance.

Grandes écoles historiques et nouveau campus

Ce n’est pas un hasard si, l’an dernier, Safran Aircraft Engines (ex-Snecma), le motoriste de nombreux Boeing, Airbus et Rafale, a choisi d’installer à Bordeaux des locaux dédiés à la maintenance aéronautique militaire. Dans la même logique, Safran Helicopter Engines a investi et décidé de faire de son site landais de Tarnos son centre mondial pour la réparation de turbines d’hélicoptères. Autre symbole fort, c’est à Bordeaux que se déroule l’ADS Show, le salon européen sur le maintien en condition opérationnelle des matériels aéronautiques de défense.

La formation monte aussi en puissance, à l’image d’Aerocampus Aquitaine, créé en avril 2011 par le conseil régional et dédié aux métiers de la maintenance aéronautique. Cette année, près de 250 jeunes y sont formés. Et, à la sortie, tous sont assurés d’avoir un emploi. Le marché mondial de la maintenance aéronautique est en plein essor et affiche déjà 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel.

À cela, il faut ajouter le spatial. Numéro deux mondial du propergol solide, Herakles emploie 3 300 salariés, dont 2 200 au Haillan (Gironde), qui ont construit le nouveau moteur d’Ariane 6. Au total, la filière aéronautique-spatial-défense (qui comprend aussi l’aéronautique civile) pèse 4 milliards d’euros de chiffre d’affaires et compte 700 établissements industriels et 60 000 emplois dans l’ex-­Aquitaine. Mais, « nous n’avons pas assez d’ETI. Trop de PME sont dépendantes des donneurs d’ordres locaux », regrette Alain Rousset, le président (PS) de la région, qui entend stimuler l’innovation, notamment à travers le programme Industrie du futur.

Si l’ex-Aquitaine ne cesse d’étendre son influence dans le secteur de la défense, à l’inverse les effectifs dans l’ex-­Poitou-Charentes ont diminué de moitié en dix ans. En 2005, elle comptait 15 300 militaires et civils. Au dernier relevé de l’Observatoire économique de la défense, ils étaient moins de 8 000. Poitou-Charentes est surtout connu pour ses écoles de formation. À savoir : six établissements, dont le plus connu est l’École nationale des sous-officiers d’active de Saint-Maixent-l’École (dans les Deux-Sèvres), suivie de l’École de pilotage de l’armée de l’air, située sur la base aérienne 709 de Cognac-Châteaubernard (en Charente), et de l’École d’enseignement technique de l’armée de l’air de Saintes (en Charente-Maritime). À côté, Rochefort abrite trois établissements : l’École des fourriers de la marine, le Centre-école de l’aéronautique navale et l’École de formation des sous-officiers de l’Armée de l’air. L’impact socio-économique reste important, car près de la moitié (48 %) des salariés de la défense nationale a au moins un enfant et 90 % de ces foyers sont abrités dans des logements hors régiment.

Le Limousin, la Corrèze en particulier, a su préserver ses forces vives dans l’industrie de défense, avec la Manufacture d’armes de Tulle (MAT), devenue Giat Industries et aujourd’hui Nexter Mechanics (120 salariés). L’établissement s’appuie sur un réseau d’une vingtaine de sous-traitants corréziens créé parfois par essaimage jusqu’au Lot et à l’Aveyron. Chacun réalise en moyenne 10 % de son chiffre d’affaires dans l’armement terrestre et aéronautique, avec un total de 302 salariés dédiés, auxquels il faut ajouter les 300 salariés de Photonis de Brive-la-Gaillarde pour cette activité. Ses lunettes digitalisées de vision nocturne équipent les militaires et sa nouvelle caméra Kameleon enregistre des images en couleur, même de nuit. Environ 80 % de son chiffre d’affaires est réalisé à l’export.

Un écosystème diversifié

En Limousin, les grands donneurs d’ordres sont la Direction générale de l’armement (DGA), Thales, Safran, Renault Trucks Defense, Panhard, Airbus Group, DCNS, Airbus Helicopters (ex-Eurocopter), Dassault, Sagem… Parmi les compétences corréziennes, Thales Communications & Security, qui compte 263 salariés à Brive et conçoit des systèmes de radionavigation, et les fonderies d’Ussel de Constellium, qui fabriquent des pièces d’avions en aluminium. Le plasturgiste TIAG Industries (49 salariés), installé à Eyrein (Corrèze), a mis au point des conteneurs pour transporter des missiles et des munitions d’artillerie et de chars.

L’usinage de tout type de pièces est l’apanage des brivistes Deshors ADI (240 salariés) et Précision Mécanique de Brive (65 salariés). Sortie du giron de l’américain Honeywell, LMB (70 salariés) produit à Malemort (Corrèze) des ventilateurs et moteurs destinés aux systèmes de conditionnement d’air et de refroidissement dans l’aéronautique militaire et civile, principalement les hélicoptères. Le secteur de la mécanique de précision est aussi bien représenté avec Mécalim (100 salariés) et Mécabrive (90 salariés), implantés à Brive, et Séroma (70 salariés), situé à Beaulieu-sur-Dordogne.

Cet écosystème diversifié est complété par une poignée d’entreprises en Haute-Vienne, dont les principales sont ­Renault Trucks Defense (200 salariés), Texelis (280 salariés), situées près de Limoges, et Sofrance (165 salariés), filiale de Safran établie à Nexon. En décembre, Renault Trucks Defense a signé un contrat avec la DGA portant sur la fourniture d’un 4 X 4 blindé Sherpa fabriqué à Limoges. Le constructeur va livrer 200 véhicules destinés aux forces spéciales, dont 25 cette année dans un premier standard pour répondre à un besoin urgent. Texelis, pour sa part, usine des ponts et chaînes cinématiques qui font avancer camions et blindés à roues. Quant à Sofrance, ses solutions de filtration des fluides et gaz équipent les armées françaises. Le limougeaud Starplast (65 salariés) réalise des habillages de cockpits et de cabines pour le compte de Dassault et Airbus Helicopters.

Plus étonnant, le porcelainier Bernardaud (330 salariés), à Limoges aussi, s’est diversifié dernièrement en concevant des plaques de blindage en céramique qui sont insérées dans les gilets pare-balles au niveau du thorax et du dos. Un programme pour partie financé par la DGA et mené en partenariat avec l’École nationale supérieure de céramique industrielle et l’université de Limoges. Les premiers exemplaires ont été livrés à une unité de police européenne. En Creuse, les viseurs et codeurs optiques de Codechamp (43 salariés), à Champagnat (Creuse), équipent les chars Leclerc, les Rafale, ainsi que des missiles et des satellites.

À l’évidence, l’écosystème de la défense dans la nouvelle grande région est riche. Des synergies devraient se créer entre les ex-Aquitaine, Poitou-Charentes et Limousin. Surtout au moment où les budgets défense repartent à la hausse, après de longues années difficiles. 

Saft lance une nouvelle batterie pour la Défense

Spécialiste des piles au lithium pour l’électronique, Saft a lancé le système de batterie lithium ion, une solution alternative pour le remplacement des batteries traditionnelles au plomb, pour l’industrie militaire. « Notre nouvelle technologie permet aux forces armées de réaliser des économies, explique Annie Sennet, directrice de la division défense et espace de Saft. Les batteries apportent la fiabilité nécessaire pour accomplir des missions capitales en silence. » En juin dernier, Saft a signé un contrat de plusieurs millions de livres sterling avec le ministère de la Défense britannique par l’intermédiaire de son partenaire américain Leidos. Une soixantaine de modèles de batteries seront utilisés par les forces armées britanniques pour des applications militaires, des radios jusqu’aux hélicoptères. À Poitiers (Vienne), avec ses 600 salariés, Saft est le premier employeur privé de la ville.

Le Rafale, une sucCess-story qui s’est fait attendre

Après avoir engrangé en 2015 ses deux premiers contrats de 24 avions chacun avec l’Égypte et le Qatar, Dassault Aviation a doublé sa production de Rafale à deux par mois, se laissant la possibilité de monter à trois en cas de nouvelles ventes à l’export. En l’occurrence, un contrat pour 36 unités pourrait être signé avec l’Inde ou d’autres pays comme la Malaisie et les Émirats arabes unis. « La balle n’est plus dans mon camp, elle est dans celui des autorités indiennes », a récemment déclaré Éric Trappier, son PDG. Selon Alain Rousset, le président (PS) du conseil régional, « au total, ces trois contrats à l’export pourraient créer chez nous environ un millier d’emplois directs et indirects ». Ici, trois usines de Dassault travaillent sur le programme Rafale. Celle de Mérignac (Gironde) assemble l’avion de chasse, tandis que le site de Martignas-sur-Jalle (Gironde) fabrique les ailes en fibre de carbone et celui de Biarritz (Pyrénées-Atlantiques) est chargé du tronçon arrière et de l’empennage. Au niveau national, le Rafale représente 7 000 emplois, en intégrant les 500 sous-traitants qui apportent leur savoir-faire à ce bijou de technologie.

 

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