PPR ralentit fortement dans le luxe

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Publié le , mis à jour le 26/04/2013 À 07H01

PPR a nettement ralenti la cadence dans le luxe au premier trimestre, touché par un ralentissement en Europe et en Chine, tandis que la baisse s'est poursuivie pour l'équipementier sportif Puma.

PPR ralentit fortement dans le luxe

Les ventes du pôle luxe (Gucci, Bottega Veneta, ou Saint Laurent) ont souffert d'une moindre demande locale en Europe et d'un ralentissement des flux touristiques, tandis que le groupe ne perçoit pas, à ce jour, de rebond de la consommation en Chine, où la croissance a avoisiné les 10%, a indiqué le directeur financier de PPR, Jean-Marc Duplaix.

Le groupe, bientôt rebaptisé Kering, a vu ses ventes totaliser 2,365 milliards d'euros, signant une croissance de 1% et de seulement 3% à taux de change constants, un chiffre inférieur aux attentes des analystes (+6%).

La croissance de Gucci, la marque phare du groupe, a été divisée par trois, tombant à 4%, alors que les analystes s'attendaient à 6%, après +8,2% au quatrième trimestre 2012 et un comparatif de +12% un an auparavant).

Le ralentissement est tout aussi marqué chez Bottega Veneta, où la croissance a été ramenée à 9%, après 14% au quatrième trimestre 2012 et une base de comparaison très élevée (+33%).

Le maroquinier, qui a connu une croissance explosive (supérieure à 30%) tout au long de l'année 2012 et qui est devenu en quelques années le deuxième grand pilier du pôle luxe de PPR, a souffert, aux dires du groupe, du calendrier de commandes passées au dernier trimestre 2012 par les distributeurs tiers.

"Dans les magasins de la marque, la croissance a été de 13%", a précisé le directeur financier.

Saint Laurent se distingue avec une hausse de 18,7%, dopé par un décalage de livraison au premier trimestre, après une progression de 12,5% au quatrième trimestre 2012 et un comparatif particulièrement élevé (+40%) il y a un an.

Gucci fait un peu mieux que Louis Vuitton (groupe LVMH) mais la griffe profite encore, aux dires des analystes, d'une dynamique provenant de ses ouvertures de boutiques, alors que Louis Vuitton a quasiment stabilisé son réseau depuis déjà deux ans.

Dans un environnement moins porteur, la cadence ralentit pour les acteurs du luxe. Avec la crise en Europe, le ralentissement de la croissance en Chine, doublé de mesures "anti-luxe" prises par le nouveau gouvernement de Pékin, les analystes estiment que la croissance du secteur devrait poursuivre sa décélération aux environs de 8% en 2013, après 11% en 2012 et un record de 20% en 2011.

A ce jour, les groupes de luxe ont affiché des performances contrastées. LVMH a vu la croissance de Louis Vuitton tomber sous les 3%, son plus bas niveau depuis trois ans, affectée par une moindre demande en Chine et une chute du tourisme japonais. Hermès, positionné sur le segment très haut de gamme du marché, qui résiste mieux à la crise, a signé une croissance jugée très robuste de 13%, bien qu'en retrait par rapport aux 17,6% du premier trimestre 2012, et a vu ses ventes grimper de 20% en Chine. et

Le britannique Burberry a fait mieux que prévu grâce à une solide demande asiatique pour ses produits les plus haut de gamme , tandis que le suisse Richemont a accéléré la cadence, malgré un contexte difficile en Chine pour l'horlogerie.

Dans le pôle "sport et lifestyle" de PPR, les performances se sont encore dégradées chez Puma. L'équipementier sportif, en grande difficulté en Europe, vu ses ventes poursuivre leur recul (-2,3%).

Dans un environnement incertain "essentiellement en Europe", PPR dit rester "attentif à la maîtrise de ses coûts et à la préservation de ses marges brutes".

(Reuters, par Pascale Denis)

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