Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

Poutine, la bataille de l'Eurasie

, , , ,

Publié le

Poutine, la bataille de l'Eurasie

Après le G20, Vladimir Poutine va, dans les semaines à venir, continuer d’endosser son rôle favori, celui du "bad guy". En jeu, non seulement le bras de fer sur la Syrie, mais aussi l’Europe et l’Ukraine qui attisent sa colère. De fait, les tensions entre Moscou et le pays du président Viktor Ianoukovitch, pourtant réputé prorusse, ont enflé cet été : exportations bloquées sous de vils prétextes, menace de rétorsions commerciales ou de conséquences sur les flux énergétiques…

L’origine du problème n’est pas une énième guerre du gaz (Moscou l’a gagnée), mais le projet de fiançailles entre Kiev et Bruxelles. L’Ukraine et l’Europe ont en effet signé, en mars 2012, un vaste accord d’association. Celui-ci, qui reste à ratifier, comporte notamment un traité de libre-échange avec ce pays dont l’économie, même mal en point, reste riche de potentialités. Des blocages subsistent car Kiev tarde à se plier à certaines conditions en matière d’État de droit, notamment sur le sort de l’ex-présidente Tymochenko. Mais pour le pays des Cosaques, ce choix, clair, serait l’un des plus importants depuis son indépendance, en 1991, car il l’orienterait vers l’Ouest. Avec, en germe, une adhésion.

Quant à l’Europe, c’est là un axe fort de sa politique de voisinage, à savoir le "partenariat oriental" incluant aussi la Moldavie, l’Arménie, la Géorgie, l’Azerbaïdjan et la Biélorussie. Sous présidence lituanienne, un grand sommet à Vilnius, le 28 novembre, doit acter cet élan. Tout cela serait sympathique, si cela ne contrecarrait frontalement les plans russes. Et là, on ne plaisante plus ! On n’en est pas encore à la guerre de Géorgie, mais Moscou clame qu’un accord entre l’Ukraine et l’Europe serait un "suicide". Car Vladimir Poutine a son projet : la constitution, d’ici à 2015, d’une "Union eurasienne", un vaste espace économique intégré entre l’Europe et la Chine. Ce projet s’appuie sur l’union douanière entre la Russie, la Biélorussie et le Kazakhstan, effective depuis janvier 2012, union douanière qui a conduit Alstom à implanter une usine de locomotive à Astana.

Passons sur le fait que bien des États concernés par le rêve de Poutine sont des autocraties et que le projet a des relents d’URSS. C’est de méthode qu’il s’agit. Car, avec ses ex-républiques sœurs, l’ours russe joue de la carotte et surtout du bâton. Du "chantage", hurle-t-on au Parlement européen. Ainsi, la petite Moldavie subit d’intenses pressions pour ne pas intégrer l’accord d’association avec l’Europe. Quant à l’Arménie, en phase finale de négociation avec l’Europe, elle a tourné casaque la semaine dernière, se disant prête à rejoindre l’union douanière russe. Serge Sargsian, son président, venait de rencontrer Vladimir Poutine. Quant à l’Ukraine, Moscou a averti, lundi, qu’au plan économique son voisin ne saurait s’allier à la fois à l’Europe et à la Russie. Et maintenant ?

Pierre-Olivier Rouaud

Réagir à cet article

inscrivez-vous aux webinaires

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle