Pourquoi Zodiac doit-il se réinventer ?

Zodiac, qui vient de publier ses résultats financiers, fait les frais de ses retards dans la production de sièges d'avions. L’équipementier connaît une crise de croissance qui l’oblige à se réorganiser en profondeur

Partager

Crédits : Farkasch Claude - Intéreur cabine 767 par Zodiac

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Ils avaient beaux être attendus, les mauvais résultats de Zodiac n’en sont pas moins cinglants. A l’occasion de la publication mardi 15 septembre de son chiffre d’affaires du quatrième trimestre pour l’exercice 2014/2015, l’équipementier aéronautique a anticipé un recul de l’ordre 40% de son résultat opérationnel pour l’ensemble de cet exercice. Dans un communiqué, le groupe – l’un des champions mondiaux du siège d’avions – évoque un "exercice difficile sur le plan opérationnel".

La cause principale de cette chute de la rentabilité est bien connue. Depuis plusieurs mois, Zodiac est confronté à de sérieux retards de production de ses sièges d’avions. Ils n’ont pas manqué de susciter l’agacement, voire l’inquiétude, chez les grands constructeurs (Airbus et Boeing en tête), mais seraient en passe d’être résorbés.

Le plan de redressement mis en œuvre dans la foulée a lui aussi pesé sur les résultats. Comme si ces retards ne suffisaient pas, l’équipementier aéronautique a été confronté à un nouveau problème, qui concernerait cette fois la certification d’un modèle de siège. Difficile pour le moment d’en savoir davantage.

Une violente crise de croissance

Sans prendre de pincettes, à l’issue de la publication de ces résultats, les analystes de CM-CIC Securities parlent d’une situation "catastrophique". La chute du cours de bourse montre bien une défiance de la part des investisseurs. "Les surcoûts opérationnels de l’exercice 2014/2015 devraient coûter environ 5 points de marge", prévient Zodiac. Qui plus est, l’endettement financier atteint 1,3 milliard d’euros.

"Les surcoûts de production n’ont pas pu être résorbés aussi rapidement que prévu, argue-t-on au sein de CM-CIC Securities. Zodiac connaît une crise de croissance très violente." Une crise de croissance que reconnaît volontiers Olivier Zarrouati, le président du directoire de Zodiac, lorsqu’on l’interroge sur le sujet. C’est la raison pour laquelle il a lancé le plan Focus qui devrait, selon lui, permettre au groupe de sortir renforcer de cette crise. En un mot, Zodiac doit pour faire fructifier le succès de ses sièges, passer d’un modèle artisanal à un modèle industriel.

Les résultats annuels très attendus

Raison pour laquelle Olivier Zarrouati cherche à introduire davantage de modularités dans les process industriels : comme il l’a expliqué à L’Usine Nouvelle, le sur-mesure qui régnait jusque-là dans cette activité n’est plus adapté à la hausse vertigineuse des cadences de production de l’aéronautique. Le management du groupe est lui aussi en cours de transformation. Un directeur des opérations a été nommé, François Feugier, passé par Faiveley et Faurecia, qui devrait resserrer les liens entre la direction et le terrain. Et éviter les mauvaises surprises.

Ce plan Focus sera-t-il suffisant pour permettre à Zodiac de regagner la confiance de ses clients, Airbus et Boeing en tête, et des investisseurs ? Cette chute de la rentabilité est d’autant plus malencontreuse pour l’équipementier que son activité reste soutenue : le chiffre d’affaires de l’exercice 2014/2015 progresse de 18,1%, flirtant avec les 5 milliards d’euros. Olivier Zarrouati, dont le mandat doit être renouvelé en novembre, sait que son groupe est attendu au tournant. La publication des résultats annuels de l’exercice 20104/2015, le 24 novembre, sera décisive.

Olivier James

Partager

PARCOURIR LE DOSSIER
NEWSLETTER Aéro et Défense
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS