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L'Usine Aéro

Pourquoi Zodiac commence à être lâché par ses clients

Olivier James ,

Publié le

La compagnie aérienne American Airlines vient de faire savoir qu’elle était à la recherche d’un autre équipementier pour lui fournir des sièges haut de gamme. Toujours en prise avec des retards de livraisons, Zodiac va jouer gros les prochains mois.

Assemblage de sieges - Crédits : Zodiac aerospace 

C’est l’annonce que devaient redouter les dirigeants de Zodiac : celle d’une grande compagnie aérienne qui décide de ne plus acheter leurs sièges.

Jeudi 24 septembre, American Airlines a déclaré être à la recherche d'un autre équipementier pour lui fournir des sièges haut de gamme destinés à ses Boeing B777 et B787, selon l’agence Bloomberg. Un coup dur porté au champion français, qui semble toujours empêtré dans ses retards de livraison, une semaine seulement après avoir anticipé une forte baisse de sa rentabilité de 40% pour l’exercice 2014/2015, malgré une hausse de 18,1% de son chiffre d’affaires (4,9 milliards d’euros).

"Zodiac n'a pas été en mesure de livrer les nouveaux sièges en temps voulu conformément aux termes de son contrat", a dit une porte-parole d’American Airlines au site spécialisé RGN. Des propos qui rappellent ceux tenus par les constructeurs Airbus et Boeing ces derniers mois. Le patron de l’avionneur européen, Fabrice Brégier, avait jugé en avril ces retards de production "inacceptables".

Chez Boeing, une source interne assure que Zodiac a "perdu en réputation". Une autre source proche du constructeur américain évoque la possibilité que l’équipementier soit écarté de certains appels d’offre.

Il faut dire que Zodiac, parmi les trois plus grands industriels mondiaux des sièges d’avion, ne semble pas réussir à résorber ses retards de production. L’objectif d’un retour à la normale, fixé au 31 août, n’a pas été atteint. En mars, l'équipementier affichait un retard de 6000 sièges,  2200 en avril et 1700 en juin, selon les derniers chiffres communiqués, soit environ trois jours de production.

"Les retards sont en train d’être résorbés, ce ne sera bientôt plus qu’un mauvais souvenir", a toutefois assuré Olivier Zarrouati, le président du Directoire, dans un entretien accordé à L’Usine Nouvelle.

Des concurrents en embuscade

Des propos qui visent à rassurer clients et investisseurs mais qui, visiblement, peinent à convaincre. Une enquête publiée par L’Usine Nouvelle (à paraitre dans le numéro N°3438 du 1er octobre 2015) montre que l’incroyable succès commercial de Zodiac de ces dernières années n’a pas été suivi des évolutions industrielles nécessaires à ce changement d’échelle. En cause, "une perte de vue globale avec le terrain", admet Olivier Zarrouati. A gros traits, de l'avis de plusieurs experts, Zodiac s'apparente davantage à une agglomération de petites entités indépendantes qu'à un grand groupe international structuré.

Conscient de cette situation, Olivier Zarrouati tente de transformer Zodiac à marche forcée en faisant fonctionner sa centaine d’usines réparties dans le monde au diapason et en minimisant les prises d’initiatives locales. Ce sont les grands objectifs du plan Focus, lancé en avril par les dirigeants pour redresser la situation, mais qui pourrait prendre de deux à trois ans pour remettre le groupe d’aplomb.

Le patron de Zodiac va devoir s’ingénier à faire appliquer ces bonnes pratiques industrielles le plus rapidement possible afin d’éviter des déconvenues commerciales comme avec d’American Airlines.

Car les concurrents de Zodiac, comme l’américain B/E Aerospace ou l’allemand Recaro, ne manqueront pas d’affûter leurs arguments pour gagner de nouvelles parts de marché. Tant que Zodiac accuse des retards de livraisons et que les effets du plan Focus ne se feront pas ressentir, il risque à tout moment de perdre des clients. Alors que fin novembre se profile la présentation des résultats annuels du groupe et le renouvellement de mandat d’Olivier Zarrouati, les prochains mois seront décisif pour l’avenir du champion français.

Olivier James

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1 commentaire

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04/10/2015 - 16h39 -

une entreprise qui taille dans les effectifs de production pour faire plaisir aux actionnaires mais qui a toujours plus de chefs ...
voila le pb français. Après on s'étonne que l'on n'arrive plus à livrer en temps et en heure..
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