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Pourquoi Vestas licencie et ferme des usines

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La fermeture de 5 usines Vestas signe-t-elle un essoufflement de l’espérée croissance verte ? Voire. Le marché éolien reste dynamique, Vestas doit simplement faire face à une redistribution des cartes chez les constructeurs.

Pourquoi Vestas licencie et ferme des usines

Le groupe danois Vestas va fermer 5 usines, «et tout d'abord au Danemark, où les coûts sont élevés», ainsi qu’en Suède. 3000 emplois passent ainsi à la trappe. La faute au marché, comme l’avance le groupe danois ? « Non, les marché de l’éolien est toujours en croissance de 20% à 30% », indique Jean-Marc Armitano,  patron du développeur français de parcs éoliens Eole Res.  « Il est normal que la croissance ralentisse par un effet de maturité : nous avons déjà installé 40 GW cette année », poursuit-il. Néanmoins,  39% des capacités énergétiques installées en Europée en 2010 concernent l’éolien, passé devant le gaz qui n’occupe que 24% de ces nouvelles capacités installées en puissance. L’Europe a encore de la marge  : seuls 5% de la consommation électrique concernent l’éolien, et les chiffres donnent une année 2011 florissante.

« L’annonce Vestas vient à contre-courant », analyse Jean-Marc Armitano. Ce dernier penche pour une recomposition des forces industrielles en présence. « C’est plus une question de redistribution des cartes entre constructeurs qu’une question de marché » : le Danemark, l’Espagne et l’Allemagne, longtemps fers de lance du secteur, ralentissent, tandis que la France, longtemps lanterne rouge,  est le premier marché européen tous les ans. L’Inde et la Chine sont en pleine expansion, deux sociétés chinoises viennent d’ailleurs de s’introduire en bourse sur ce secteur. Autre phénomène : «l’éolien est maintenant en compétition avec le solaire, et les acteurs de la fabrication d’éolienne se doivent de réajuster leur structure de prix de revient pour continuer à être compétitif en face d’une industrie du solaire, dont les prix des modules ont chuté de 50% en 18 mois» ajoute Olivier Galaud, directeur des opérations de l'ensemblier photovoltaïque 3i Plus.

Le marché, lui, reste au rendez-vous. « Alstom se lance, Areva sur l’offshore, dont la croissance est exponentielle… Jean-Louis Borloo devrait d’ailleurs annoncer dans les prochains jours le plan offshore pour l’Hexagone. » poursuit le patron d’Eole Res. « L’industrie éolienne a encore de beaux jours devant elle. Elle crée plus de 500.000 emplois dans le monde» souligne-t-il. « Vestas reste le leader mondial de l’éolien », rappelle-t-il. « Le groupe s’organise pour rester compétitif. Il sait anticiper les retournements. Il s’agit de se préparer à la concurrence asiatique, qui arrive en force sur l’éolien. Dans le solaire, elle est déjà là. »
 

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