Pourquoi Sanofi est passé à côté de la croissance en 2013

Malgré le retour des bénéfices au dernier trimestre, les résultats de Sanofi sont passés dans le rouge en 2013. La faute aux pertes de brevets de ses médicaments phares. Une situation qui ne devrait plus se reproduire grâce à sa récente diversification, assure le groupe pharmaceutique.  

Partager

TESTEZ GRATUITEMENT L'ABONNEMENT À L'USINE NOUVELLE

15 jours gratuits et sans engagement

Pourquoi Sanofi est passé à côté de la croissance en 2013

Il s’y attendait. Le numéro un français de la pharmacie sort d’une année difficile. En 2013, le chiffre d'affaires de Sanofi a chuté de 5,7% (ou - 0,5% à changes constants), à 32,9 milliards d'euros, tandis que son résultat net consolidé s’écroulait de 24%, à 3,7 milliards d’euros.

Si les bénéfices avaient déjà fondu en 2012, Sanofi était encore parvenu à faire croître ses ventes de 4,7%. L’an dernier, il a payé très cher l’expiration - survenue entre janvier et août 2012 - des brevets de plusieurs médicaments phares, comme le Plavix. Des "blockbusters" dont les ventes se sont écroulées face à la concurrence des génériques à bas prix.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

Viser des barrières à l’entrée autres que les brevets

Plus question que cela se reproduise à l’avenir. Le retour à la "croissance" au dernier trimestre 2013 (avec un bénéfice net plus que doublé sur un an, mais un chiffre d'affaires en baisse de 0,8%) confirme "l’émergence de notre nouveau modèle, sur lequel on travaille depuis cinq ans", affirme Chris Viehbacher, le directeur général du groupe. Sa recette tient en trois points.

Il s’est d’abord agit de définir sept "plates-formes de croissance avec des barrières à l’entrée autres que des brevets", comme les vaccins "très compliqués à fabriquer". Ou encore les pays émergents, "où la propriété intellectuelle n’a jamais joué un vrai rôle" et où le groupe a l’avantage d’être très présent de la recherche à la production. Le groupe a développé ces nouvelles divisions par des acquisitions, avec 24 milliards d’euros dépensés en trois ans. Enfin, le dirigeant a voulu "repenser le modèle d’innovation et reconfigurer notre équipe de R&D", avec plusieurs plans de restructuration lancés à travers le monde, dont un réalisé dans la douleur en France.

Des résultats contrastés

Résultat des courses ? Les sept plates-formes ont permis à Sanofi de réduire son exposition aux pertes de brevets. Elles représentent 73% de son chiffre d’affaires, contre 43% en 2008. Mais leurs résultats sont contrastés. En 2013, la division diabète - un des plus gros marchés thérapeutiques au monde, avec 350 millions de malades, rappelle Chris Viehbacher - a brillé, avec 18,7% de hausse, tirée par le Lantus. Il s'agit d'une insuline phare de Sanofi que voudrait génériquer le laboratoire américain Lilly, d’où un contentieux aux Etats-Unis entre les deux groupes.

La division maladies rares et sclérose en plaque, dopée par les traitements de la biotech Genzyme rachetée en 2011, a progressé de 25,9%. Avec 4,4% de croissance, les marchés émergents, qui représentent près d’un tiers du chiffre d'affaires total de Sanofi, se sont également bien portés. Tout comme la santé grand public (les médicaments sans ordonnance), qui a crû de 5,2%.

Trop peu de traitements découverts en interne

Les vaccins ont vu leurs ventes baisser de 0,1% en 2013. La santé animale, en chute de 5,3%, souffre toujours de la perte du brevet de Frontline, un produit antipuces et anti-tiques pour chiens et chats. Quant aux autres lancements de médicaments réalisés depuis 2009, en progression de 18,8%, ils n’apportent encore que 705 millions d’euros de chiffre d'affaires. "C’est sur cette ligne-là que vous allez voir une grande évolution", promet Chris Viehbacher. Si le Lemtrada, traitement de la sclérose en plaques autorisé dans trente pays dans le monde, a connu un échec cuisant en décembre aux Etats-Unis, sept nouveaux produits ont été approuvés en 2013.

Neuf autres devraient l’être entre 2014 et 2018. 80% du portefeuille en R&D est constitué de thérapies biologiques (anticorps, insuline...). "Leur taux de succès est deux fois plus élevé que celui des petites molécules, dont beaucoup d’essais cliniques échouaient en phase finale", assure Elias Zerhouni, le patron de la R&D de Sanofi. Reste un challenge. Parvenir à mettre sur le marché des molécules made in Sanofi, et non plus issues de partenariats.

Gaëlle Fleitour

Partager

NEWSLETTER Economie Social et management
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

ARTICLES LES PLUS LUS