Pourquoi Renault inquiète Sarkozy

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Pourquoi Renault inquiète Sarkozy

« Nous ne mettons pas tant d’argent pour soutenir nos constructeurs pour que la totalité des usines s’en aillent à l’extérieur », a déclaré Nicolas Sarkozy hier en évoquant le dossier Renault. Visiblement Patrick Pelata est resté trop vague sur les intentions du constructeur quant au lieu de fabrication de la Clio IV. Certes le patron de Renault a promis qu’il n’y aurait pas de destruction d’emplois à Flins où sont fabriqués les modèles 2 et 3 de Clio. Mais sur le dossier de la Turquie, « aucune décision n’est prise », a affirmé le patron du constructeur.

Trop flou pour le gouvernement. Ce sera donc à Carlos Ghosn de répondre à l’Etat, son principal actionnaire ce week-end. Et l’Etat veut des décisions concrètes, pas du flou.

Dans la perspective des régionales et peu avant son intervention début février devant les français, Nicolas Sarkozy doit en effet absolument obtenir gain de cause. A cette date, le président livrera son plan pour l’industrie, expliquera que l’on est sorti de la crise, mais devra aussi temporiser sur la reprise sociale et le front de l’emploi. Dans un contexte où la sensibilité des français à toute production hors de France est a fleur de peau, l’information sur Renault est une épine dans le pied de la communication gouvernementale. Pour mémoire, Lionel Jospin s’était fait conspuer en 1997 lors de la fermeture du site de Vilvorde en Belgique suite à la privatisation du constructeur.

L’information tombe d’autant plus mal que Renault annonce aujourd’hui ses résultats commerciaux. Ils sont relativement bons dans un contexte de crise mondiale avec 3 ,7% de part de marché dans le monde et surtout 702 083 vendus en France, son premier marché avec une croissance de 7,3% par rapport à la même période de l’an dernier. La subvention de la prime à la casse n’est évidemment pas étrangère à ces excellents résultats, les résultats à l'international étant plus mitigés.Carlos Ghosn expliquera bien sûr que les ventes, tous constructeurs confondus, se concentrent sur les véhicules à faible marge, fabriqués pour l’essentiel hors de France. Que Renault compte sur la voiture électrique pour relancer la production « à haute valeur ajoutée » en France. Sans geste concret de la part de Carlos Ghosn, il y a fort à parier que ces explications ne serviront à rien.


Fabrice Frossard

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