Pourquoi PSA a dû fermer 12 fois Aulnay

Alors que les syndicats estiment à plus de 11 000 les suppressions de postes programmés chez PSA, L’Usine Nouvelle fait le décompte des différents plans de départ volontaire annoncé chez le constructeur ces six dernières années. Au total, près de 36 000 personnes auront quitté l’entreprise d’ici 2014, ce qui équivaut à fermer 12 usines comme Aulnay.

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Pourquoi PSA a dû fermer 12 fois Aulnay

Les difficultés de PSA ne datent pas d’hier. Si la chute du marché automobile français et européen a révélé cette année aux yeux du grand public la crise qui frappe le premier constructeur français, elle a commencé dès 2006 à toucher le tissu social de PSA. Selon nos calculs, cinq plans de départs volontaires ont été mis en place par le constructeur ces six dernières années. 7 000 personnes ont ainsi quitté l’entreprise en 2006, 5 090 en 2007 et 5700 en 2009, 6 800 devaient le faire en 2011 et 8000 autres cette année. Selon les syndicats, ce dernier chiffre serait en fait plus proche des 11 000 si l’on tient compte des départs « naturels », notamment à la retraite. Bref, en tout, près de 36 000 techniciens, ingénieurs, cadres et personnels administratifs pourraient avoir quitté les rangs du constructeur entre 2006 et 2014.

36 000 départs... C’est beaucoup. C’est un peu comme si PSA avait fermé 12 usines de la taille d’Aulnay ces dernières années. C’est énorme mais pas injustifié. Trois chiffres pour se convaincre de la nécessité de la restructuration menée par le constructeur. Le premier, c’est celui du marché automobile. Il s’est déjà replié de 13 à 14 % en France cette année et devrait se contracter encore de 3 à 4 % en 2013. Des non-ventes qui représentent une perte sèche de l’ordre de 300 000 véhicules par an, ce qui équivaut à une grosse usine.

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Le deuxième chiffre, c’est celui de la marge que réalise PSA sur ses voitures vendues. Aujourd’hui, il ne fait aucun bénéfice du fait de la guerre des prix à laquelle se livrent les constructeurs sur le Vieux Continent à coup de bonus et de remises. Selon nos informations, il perdrait de l’ordre de 300 à 350 euros pour chaque modèle écoulé. Une situation intenable à moyen terme s’il n’abaisse pas ses coûts fixes.

Enfin, le troisième chiffre, c’est la consommation de cash de PSA. 200 millions d’euros sortent chaque mois des caisses du constructeur pour financer ses investissements en cours dans la montée en gamme ou dans de nouvelles usines, notamment en Chine. Difficile d’arrêter de tels trains prometteurs pour son avenir… Des mesures d’économie drastique ont donc été prises pour abaisser le point mort du groupe. Mais elles ne vont pas modifier immédiatement la situation financière du groupe. Si la consommation de cash va ralentir, le groupe devrait rester sur des flux négatifs en 2013. Les niveaux, quoiqu’inférieurs à 2012, resteront importants de l’ordre de plusieurs dizaines de millions d’euros.

Avec de tels indicateurs et de telles perspectives, il sera difficile pour PSA de revenir sur l’ampleur de son plan de restructuration. Le corriger fortement reviendrait à mettre en danger la survie du groupe à moyen terme. C’est évidemment inenvisageable pour toutes les parties prenantes, à commencer par les salariés.

Thibaut de Jaegher

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