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L'Usine Auto

Pourquoi PSA a choisi l'Espagne pour produire low cost

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Même si PSA réfute le terme low cost, il annonce un véhicule d'entrée de gamme pour les pays méditerranéens. Il sera produit à Vigo, le site le plus performant du groupe.

Les deux constructeurs ont adopté définitivement des stratégies différentes. Par « coeur de gamme », PSA entend low cost haut de gamme. Renault assume, lui, son low cost « très bas coût ». Là où PSA charge ses usines existantes par ce complément de production, Renault multiplie les modèles et construit sans hésiter des usines en green field, par exemple à Tanger au Maroc. Au final, Renault annonce que les Dacia sont les plus rentables de ses voitures. Plus frileux, PSA craint, lui, que la marge dégagée par ce type de produits ne soit pas suffisante pour financer ses indispensables besoins de financement en R et D. .

Chez PSA, on a des coquetteries sémantiques. Plutôt que de lancer une voiture low cost, on préfère annoncer un véhicule « coeur de gamme ». Comprendre une berline moyenne, exclusive et statutaire à destination des classes moyennes des pays du croissant méditerranéen. Autrement dit, une voiture pas chère. Rien de surprenant jusque-là... Sauf que pour produire ce modèle, le constructeur a choisi l'Espagne et plus exactement son usine de Vigo, en Galice. Et ce n'est pas exactement ce que l'on peut appeler un site de production à bas coût !

La décision n'a pas été prise à la légère, mais suite à une compétition entre tous les sites du groupe. Dès le début du projet, les coûts de main-d'oeuvre, 25 % plus élevés qu'en Espagne, ont mis les sites français hors jeu. En revanche, l'ex-président de PSA, Christian Streiff, avait envisagé d'augmenter la capacité de Bursa, en Turquie, ou de construire une usine en Pologne pour produire cette voiture. La crise est passée par là. Entre surcapacités et plan de rigueur, tout projet en green field a été abandonné. Et l'usine espagnole s'est imposée comme le meilleur compromis. Avec 385 000 véhicules en 2009, contre 545 000 en 2007, le site s'est battu bec et ongles pour récupérer cette future production. Pour son directeur Pierre Ianni, « s'il a gagné, c'est simplement parce qu'il avait le plus d'atouts ! »

Inauguré il y a 50 ans, Vigo offre la meilleure productivité du groupe. Coincé entre la mer, la ville et une colline, il a su s'adapter à un espace réduit en adoptant très tôt les principes du lean manufacturing. Et ce qui était un handicap est devenu une force. Philippe Ianni le chiffre : « Les coûts de l'industrie auto sont proportionnels à la surface utilisée. Avec une capacité de 600 000 voitures pour 650 000 m2, Vigo affiche un ratio très performant de 0,92 véhicule au mètre carré. » De plus, la nouvelle production devant être totalement exportée, la proximité immédiate du port a été décisive face aux sites enclavés d'Europe de l'Est ou de Turquie. La présence d'un cluster automobile, d'un centre technologique de R et D et d'une université corporative ouverts aux fournisseurs locaux ont enfin fait pencher la balance.

 

SUBVENTIONS GÉNÉREUSES DE L'ÉTAT ESPAGNOL

 

Et si aucun montant n'a été annoncé, PSA reconnaît que le gouvernement de Galice et l'État espagnol ont été généreux. Le site représentant 13 % du PIB de la région et 52 % de l'activité du port, ils leur ont offert des subventions et des prêts, visiblement incitatifs. Tout semble en place pour que, dès la fin de l'année, l'usine se prépare peu à peu à accueillir ce « coeur de gamme », qui remplacera sur les lignes la Xsara Picasso, aujourd'hui produite à seulement 54 000 exemplaires.

Ravis que leur usine ait été choisie, les syndicats espagnols applaudissent. Ceux des sites français restent sur leur garde face à cette nouvelle concurrence. Comme Louis Schweitzer lors du lancement de la Logan, Philippe Varin, le président de PSA, leur a assuré que le futur modèle ne sera pas importé en Europe de l'Ouest : « Entre DS3 et 3008, notre stratégie européenne est de nous orienter vers le haut de gamme. Pas de troubler la clientèle et le réseau avec une offre en décalage avec l'image de Peugeot et de Citroën. » Mais au regard du succès des Dacia dans l'Hexagone, pas sûr qu'il ne soit pas tenté de changer d'avis.

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