Pourquoi Pfizer dit non à la peine de mort aux Etats-Unis

Le géant pharmaceutique américain vient d'annoncer qu'il n'allait plus fournir les substances utilisées pour les injections létales des condamnés à mort aux Etats-Unis.

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Pourquoi Pfizer dit non à la peine de mort aux Etats-Unis

Pfizer ne veut plus être un vendeur de "poisons". Le laboratoire américain a indiqué le vendredi 13 mai qu'il allait interdire l'utilisation de ses produits pour des exécutions des condamnés à mort aux Etats-Unis. Il était d'ailleurs le dernier fournisseur de l'administration pénitentière américaine qui, à ce jour, ne dispose donc plus de substance légale pour les exécutions par injections létales.

"Pfizer fabrique ses produits pour améliorer et sauver la vie des patients. Conformément à ces valeurs, Pfizer s'oppose à l'utilisation de ses produits dans des injections létales pour la peine capitale", note le communiqué diffusé par le groupe américain. Cette mesure concerne sept produits, dont le puissant anesthésique propofol mis en cause dans le décès de Michael Jackson. Ces substances seront toujous vendues à des grossistes mais ces distributeurs devront désormais s'engager à les revendre à des clients les utilisant uniquement dans un but médical.

Un mode d'exécution remis en cause

Cette décision a été saluée par les associations abolitionnistes. Mais loin de remettre en cause les bonnes intentions de Pfizer, d'autres explications permettent de comprendre pourquoi le laboratoire américain a fait ce choix.

Tout d'abord, pour un concepteur et vendeur de médicaments, difficile d'assumer être le fournisseur exclusif pour les injections létales pratiquées par l'administration américaine. Surtout quand on sait que ce mode d'exécution est régulièrement remis en cause. En 2014, Joseph Wood, 55 ans, avait ainsi succombé après près de deux heures d'agonie. Et cet exemple d'application "ratée" de la peine capitale n'est pas isolé. Ces dernières années, une vingtaine de fabricants des produits pour exécution approuvés par la FDA (pour "Food & Drug Administration", l'autorité sanitaire américaine) se sont ainsi retirés de ce marché.

Autre explication : Pfizer ferait payer à l'administation américaine son refus de valider sa fusion avec l'irlandais Allergan. Une opération qui prévoyait notamment le déplacement du siège social du nouvel ensemble en Irlande, ce qui avait été perçu comme une tentative d'évasion fiscale par Washington.

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