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Pourquoi Nicolas Hulot démissionne du gouvernement

Simon Chodorge ,

Publié le , mis à jour le 28/08/2018 À 09H15

Mardi 28 août, le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot a annoncé qu'il quittait le gouvernement. Explications.

Pourquoi Nicolas Hulot démissionne du gouvernement
Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, va quitter le gouvernement français.
© Ministère de la transition écologique et solidaire

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Le ministre de la Transition écologique et solidaire Nicolas Hulot a annoncé le mardi 28 août son départ du gouvernement. Il a fait connaître sa décision lors d'un entretien au micro de France Inter. Le Président de la République Emmanuel Macron et le Premier ministre n'auraient pas été informés de cette annonce.

"Je ne veux pas donner l'illusion que ma présence au gouvernement signifie qu'on est à la hauteur de ces enjeux-là. Et donc je prends la décision de quitter le gouvernement", a déclaré à la radio Nicolas Hulot, visiblement ému.

Le ministre a motivé sa décision par l'action insuffisante du gouvernement en matière d'environnement, en parlant de "petits pas" et en se sentant "tout seul à la manoeuvre". "Est-ce que nous avons commencé à réduire l'utilisation de pesticides ? La réponse est non. Est-ce que nous avons commencé à enrayer l'érosion de la biodiversité ? La réponse est non. Est-ce que nous avons commencé à nous mettre en situation d'arrêter l'artificialisation des sols ? La réponse est non", a fustigé l'homme politique.

Ministre durant un an et demi

L’ancien journaliste et animateur de l’émission Ushuaïa aura finalement tenu un an et demi comme ministre. Attiré par la vie politique, sa candidature à l’élection présidentielle avait été annoncée à plusieurs reprises. En 2007, avant qu’il ne renonce. En 2012, mais il sera battu à la primaire des Verts par Eva Joly. En 2017, il y avait finalement renoncé tout en se montrant particulièrement critique envers les politiques. "Je suis indulgent pour le citoyen, mais je suis impitoyable pour les politiques à qui on demande de prendre un peu de hauteur", indiquait-il dans l'interview qu'il avait accordé le 27 octobre 2016 à L’Usine Nouvelle. "Ces enjeux-là ne sont pas optionnels. Il y a des révolutions en marche qui peuvent être des gisements. Mais les politiques ne s’y intéressent pas. Ils proposent toujours les mêmes recettes."

Convaincu par Emmanuel Macron, il avait donc accepté de devenir en mai 2017 ministre d’État au sein des gouvernements Philippe I et II, avec un ministère renforcé sur l’environnement. Abandonnant alors la direction de sa Fondation Nicolas Hulot pour l’homme et la nature, après avoir été conseiller spécial de François Hollande en tant qu’envoyé spécial pour la protection de la planète de 2013 à 2016.

Pas assez entendu par le gouvernement

Lors d’une matinée consacrée à la transition énergétique organisée par l’Usine Nouvelle le 15 mai à Paris, il avait expliqué sa méthode pour réconcilier économie et écologie et passer des annonces aux actes. Mais Nicolas Hulot, homme de convictions, estime finalement ne pas avoir été suffisamment entendu sur l’environnement. Avant de prendre ses fonctions de ministre, il alertait le monde sur les méfaits de la concentration dans certains secteurs comme l’énergie et l’agriculture. "Les murs tombent un par un. Le sens du monde n’est pas à la concentration, c’est le partage du pouvoir. L’énergie est un bien commun. C’est aussi vrai pour l’agriculture. L’exemple de Monsanto va à l’inverse du sens du monde. Concentrer les ressources agricoles du  monde, cela n’a qu’un temps. Cela va mal se terminer. Quand va-t-on prendre conscience du scandale, du mal innommable provoqué par Monsanto ?", confiait-il à L'Usine Nouvelle.

Mais au sein du gouvernement, les sujets de friction ou de dissension se sont multipliés entre Nicolas Hulot et d’autres ministres. Renouvellement controversé du glyphosate, recours aux pesticides, renoncement à l’objectif de baisse du nucléaire à 50% de la production d'électricité à l'horizon 2025... 

Sa démission intervient au lendemain de la rencontre entre Emmanuel Macron et le président de la fédération de la chasse. À l’issue de cette rencontre, le président français a donné son accord pour la division par deux du prix du permis national de chasse, qui passe ainsi de 400 à 200 euros. À plusieurs reprises, Nicolas Hulot a laissé entendre qu’il pourrait quitter le gouvernement. En octobre 2017, il avait expliqué dans un entretien au Monde qu’il se donnait "un an" pour mesurer l’utilité de son action au sein du gouvernement avant de prendre une décision.

Simon Chodorge et Gaëlle Fleitour

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