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Pourquoi Naval Group mise plus que jamais sur une alliance avec Fincantieri

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Naval Group se dit favorable à la prise de contrôle par Fincantieri de l’activité systèmes de combat de Leonardo pour éviter de faire de ce dernier un concurrent. Pour son président, Hervé Guillou, le rapprochement entre Naval Group et Fincantieri reste indispensable pour faire face à la concurrence chinoise et russe sur le naval de défense.

Pourquoi Naval Group mise plus que jamais sur une alliance avec Fincantieri
La création d'une société commune Fincantieri Leonardo ne perturbe pas les plans de Naval Group, assure son PDG.
© Naval Group

Hervé Guillou, le patron de Naval Group maintient le cap : celui d’un rapprochement entre son groupe et Fincantieri. Toutefois, l'annonce la semaine dernière de la récente société commune italo-italienne entre Fincantieri et Leonardo semblait fragiliser ses desseins. Pas du tout, à en croire le PDG. "Ce rapprochement était réalisé à notre demande, assure Hervé Guillou. C’est nous qui avons insisté pour que la partie systèmes de Leonardo passe sous le contrôle de Fincantieri, sinon l’accord serait complètement déséquilibré (…). L’objectif de l’alliance est d’être prime contractor de systèmes navals complets et pas juste de coques". Une mise au point du PDG de Naval Group effectuée lundi 15 novembre auprès de quelques journalistes à Paris, avant l’ouverture du salon Euronaval qui aura lieu au Bourget du 23 au 26 octobre.

Sans cette société commune qui lui apporte une activité de systèmes de combats, Fincantieri se présentait comme un simple fabricant de coques militarisées, contrairement à Naval Group qui est capable de vendre des navires équipés par ses propres systèmes de combat à la fois pour les navires de surfaces et les sous-marins. L’initiative italienne est même stratégique pour le futur Airbus du Naval.

Intégrer Leonardo dans l'alliance

Si Leonardo n’était pas associé à la société commune, il pourrait s’associer à un autre fabricant de coques navales et s’imposer comme un concurrent potentiel au rapprochement franco-italien. Hervé Guillou en sait quelque chose. Dans une précédente vie, lorsqu'il était dirigeant chez EADS, il avait participé à la création en 2003 d’EADS Space Transportation en combinant les actifs industriels allemands et français du secteur spatial… en laissant de côté certains actifs. Cela a donné naissance seulement quelques jours plus tard à un concurrent : le fabricant de satellites OHB. Il se révélera un concurrent redoutable en remportant notamment la part du lion de la constellation Galileo.

Naval Group tient plus que jamais à son alliance italienne. Pour une raison simple, depuis l’annonce de l’Airbus du Naval, les fondamentaux du marché n’ont pas changé: sans consolidation, l’industrie européenne de défense navale pourrait sombrer. Les industriels chinois et les russes bousculent la hiérarchie mondiale, bénéficiant d’un marché domestique dynamique et d’un fort soutien étatique à l’export.

Le groupe asiatique CSSC, avec un chiffre d’affaires estimé entre 8 et 10 milliards d’euros, devrait dépasser en chiffre d’affaires les deux leaders mondiaux américains General Dynamics et Huntington Ingalls. "Ils fabriquent une frégate par mois, un sous-marins tous les trois mois. En trois ans ils ont construit l’équivalent de la flotte de notre Marine nationale", souligne Hervé Guillou. Ils se positionnent sur tous les appels d’offres en cours : Pologne, Algérie, Argentine, Thaïlande…

Le russe OSK n’est pas en reste. Avec sa croissance actuelle, il vise le deuxième rang mondial d’ici 2020 avec un chiffre d’affaires entre 7 et 8 milliards d’euro et affiche un appétit à l’export comparable à son voisin chinois. Et La concurrence ne s’arrête pas là : les Japonais (candidat finaliste malheureux lors du contrat australien face à Naval Group), les Singapouriens, les Turcs veulent également leurs parts de gâteau quitte à casser les prix ou à développer une offre low-cost.

Cent campagnes en 10 ans

Et l’industrie européenne dans tout ça ? Elle descend du podium auquel elle pouvait prétendre en cumulant les résultats de Naval Group, et de ses homologues italiens, allemands, espagnols… Naval Group réalise 3,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires et Fincantieri environ 1 milliard dans les activités de défense. "Nous sommes tous les deux trop petits (…) Il y aura cent campagnes à mener dans les 10 prochaines années. Nous sommes tous les deux l’un comme l’autre, incapables de tenir ces cent campagnes à nous tous seuls (…) En moyenne grâce à la complémentarité de nos offres, nous pourrons gagner un navire supplémentaire par an".

Les deux partenaires ont remis aux Etats leur projet d'alliance industrielle. Les groupes se veulent rassurant sur l’impact social. "Il n’est pas question de fermer Lorient au profit de Gênes, et vice-versa. L’objectif est de récupérer ensemble du business supplémentaire", a précisé le dirigeant. Selon lui, les synergies sont significatives, comme le projet de développement d’un centre de design commun pour les systèmes de combat qui pourraient générer une économie d’une vingtaine de millions d’euros. Pour consolider cette alliance, Hervé Guillou milite pour un échange de participations, mais cela reste du ressort des Etats. Au salon Euronaval, Naval Group et Fincantieri auront pour la première fois leurs stands côte à côte, une première en attendant mieux pour l’édition suivante.

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