Pourquoi Manuel Valls a divisé sa majorité pour favoriser les entreprises

La trajectoire budgétaire du nouveau chef du gouvernement a été voté, mardi 29 avril, à l’Assemblée nationale d’une courte majorité.  Pour comprendre pourquoi Manuel Valls a sacrifié l’unité du Parti socialiste, il suffit de regarder le détail de ses hypothèses de croissance française pour les trois prochaines années. La part des entreprises est majeure et c’est pourquoi il maintient le cap même contre son propre camp.  

 

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Pourquoi Manuel Valls a divisé sa majorité pour favoriser les entreprises

Lors du vote consultatif sur la trajectoire budgétaire du gouvernement, il a manqué à l’appel, ce mardi 29 avril, 41 députés socialistes. Manuel Valls savait que les aménagements mineurs sur les petites retraites et le plan anti-pauvreté ne suffiraient pas à élargir le consensus. Pourtant il a tenu bon et s’est refusé et à sacrifier les allègements de charges des entreprises pour redonner du pouvoir d’achat aux fonctionnaires, comme le préconisait par exemple la députée PS Karine Berger dans son "contre-plan d’économies". En réalité, ce choix est cohérent avec la manière dont le gouvernement entend redynamiser l’économie française dans les trois prochaines années. Pour s’en convaincre, il suffit de prêter attention aux détails des prévisions chiffrées de Bercy qui sont éclairants sur les choix.

En effet, il n’y a pas 36 moteurs à la croissance. Dès lors qu’on a décidé que la dépense publique n’était plus une option, il en reste, en gros, trois : la consommation des ménages, l’investissement des entreprises et les exportations (avec l’espoir de capter une reprise au-delà des frontières). Sur ces trois moteurs, le gouvernement en a choisi deux, l’investissement des entreprises et les exportations. Ces orientations sont lisibles dans les prévisions qu’il fait des grandes masses qui vont de facto contribuer à la hausse du PIB pour l’an prochain et les deux années suivantes. Ainsi si Bercy ne voit la consommation des ménages n’augmenter que de 1,6 % en 2015, il mise sur un bond de 4,7 % des exportations et 5,2 % de l’investissement des entreprises. Une sacré marche puisqu’en 2014 l’investissement des entreprises ne dépasserait pas les 2 % et qu’il était négatif en 2013.

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Le virage d'une économie de l'offre

Sur la période 2016-2017, c’est la même logique qui est à l’œuvre : la consommation des ménages n’augmenteraient en moyenne annuelle que de 2,3 % alors que les exportations seraient à +6,9 % et les investissements à + 4,4 %. Pour parvenir à de telles performances, il faut en effet mettre de l’huile dans les rouages des entreprises et tenir sur le pacte de responsabilité. D’où l’intransigeance de Manuel Valls.

Mais, c’est un sacré pari que celui du virage d’une économie de l’offre à celle de la demande. Car si en Allemagne par exemple les exportations pèsent quasiment autant que la consommation des ménages (1 400 milliards contre 1 500 milliards) en France ce rapport est nettement plus disproportionné (500 milliards d’exportation pour 1200 milliards de consommation). Il faut donc avoir des pourcentages de hausse très importants sur les nouveaux moteurs de croissance que sont l’investissement des entreprises et les exportations, si on ne veut plus compter sur une consommation privée et publique pour partie financée à crédit.

Parce qu’il a tant besoin des entreprises pour son nouveau moteur, Manuels Valls a sacrifié 41 parlementaires socialistes. Economiquement c’est parfaitement défendable. Politiquement c’est une autre paire de manches. Mais la politique c’est bien le job du chef de la majorité, non ?

Anne-Sophie Bellaiche

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