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L'Usine Agro

Pourquoi les vins français perdent des parts de marché à l'export

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Un chiffre d’affaires en hausse pour les vins français à l'export mais des parts de marché et des volumes en baisse... Un paradoxe dû à un manque de disponiblités lié à de plusieurs mauvaises récoltes récentes, une vigne âgée, mais aussi peut-être à un problème de positionnement de notre offre commerciale.

Une part de marché mondiale divisée par deux en volume et par trois en valeur en l’espace de quinze ans. C’est le constat accablant dressé il y a quelques jours par la Fédération des exportateurs français des vins et spiritueux (FEVS), à propos de la position des vins français sur la scène mondiale. Selon la fédération, le chiffre d’affaires à l’export de nos vins a pourtant bondi de 6,7 % en valeur en 2015, à 7,927 milliards d’euros et de 8,7 % en comptant les spiritueux, soit un total de 11,7 milliards d’euros.

Pourtant, en volume, les ventes ont reculé de 3,6 % en 2015 par rapport à 2014, à 138 193 294 unités (caisses de 12 bouteilles, soit 9 litres). Les raisons de ce décrochage sont multiples. Pour Nicolas Ozanam, le directeur général de la FEVS, un des facteurs premiers est tout simplement la baisse des disponibilités. "Ces dernières années, la France a connu des récoltes plus faibles qu’espéré en volume, à cause du climat, surtout en 2013, et les stocks ont baissé", explique-t-il. Les vins de cépages ont été principalement touchés par le phénomène de pénurie, les raisins récoltés ayant servi à des vins haut de gamme.

Deuxième explication : l’âge du vignoble français. "Dans plusieurs régions, les vignes sont âgées et donc plus fragiles vis-à-vis des maladies du bois par exemple. Nous estimons que 12 % des surfaces souffrent de ce phénomène en France", détaille Nicolas Ozanam. Depuis le 1er janvier, un dispositif européen a été lancé pour replanter des pieds de vigne. "La France a droit à replanter 8 000 hectares, mais l’on ne sait pas réellement combien seront replantés", souligne le directeur de la FEVS. Une chose est sûre, cela prendra du temps. On estime qu’il faut un minimum de trois ans pour produire du vin et jusqu’à sept à dix ans, pour obtenir un très bon vin.

Descendre en gamme

Autre problématique pour les vins français : leur positionnement commercial. Enfin, une réflexion sur le positionnement de l’offre française est à mener. "L’enjeu aujourd’hui pour les vins français est de se positionner sur le milieu de gamme pour séduire les Chinois et lutter contre la concurrence des vins du nouveau monde", détaille Paul Chollet, le responsable des études sectorielles et des défaillances chez l’assureur-crédit Coface. Pour lui, l’offre française apparaît trop morcelée et difficile à comprendre pour les chinois en raison de multiples appellations de domaines et de châteaux. "Il y a une nécessité de réorienter notre mi produit, reconnaît Nicolas Ozanam. Il manque à l’offre française les premiers barreaux de l’échelle pour amener ensuite le consommateur progressivement vers des vins plus chers". Mais pas de panique ou d’alerte pour les vins français. "Nous sommes dans une évolution logique, avec le développement de concurrents partout dans le monde", souligne Paul Chollet. Pour lui, l’essentiel est de garder la valeur ajoutée. Un objectif atteint en 2015. Espérons que 2016 sera un aussi bon cru dans ce domaine.

Adrien Cahuzac

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