Pourquoi les résultats de Parrot se sont effondrés… mais devraient vite repartir à la hausse

Le champion français des drones civils a vu son chiffre d’affaires divisé par deux au premier trimestre 2016. En cause : un virage stratégie radical, assure le groupe.

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Pourquoi les résultats de Parrot se sont effondrés… mais devraient vite repartir à la hausse

Champion français incontestable des drones civils, Parrot se trouve dans une passe financière difficile. Mais le groupe assure qu’il recule… pour mieux sauter. A la mi-mai, Parrot a fait état de pertes frisant les 40 millions d’euros pour le premier trimestre 2016. Quant au chiffre d’affaires, il a chuté de de 53%, à 33,1 millions d’euros, sur cette même période. Une dégringolade imputable à sa division drones, qui représente en gros la moitié des revenus du groupe, l’autre moitié provenant des objets connectés pour l’automobile : son chiffre d’affaires est passé de 34,6 millions d’euros à 2,4 millions d’euros.

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Le succès fulgurant des drones de loisirs de Parrot, porté par son patron et fondateur Henri Seydoux, se serait-il déjà volatilisé ? Réponse : ces résultats s’expliquent par un virage stratégique très serré. "Le groupe cherche à se positionner avec les standards de l’industrie de la high tech, explique une porte-parole de l’entreprise. Nous souhaitons passer de 12 semaines de stocks chez nos distributeurs à un maximum de six semaines". Une volonté de revoir la stratégie de distribution qui a obligé à écouler les stocks et donc à geler les ventes plusieurs semaines durant. Parrot mise aussi sur une hausse des ventes en ligne.

La concurrence mondiale s'aiguise

Ajouté à cela une campagne de promotion agressive, à coup de chèques de remise généreux, et une reprise de produits pour les placer dans d’autres canaux de distribution (impactant pour 7,7 millions d’euros sur le résultat), le chiffre d’affaires s’est dégonflé comme un soufflé froid. Si Parrot procède de manière aussi brutale, c’est que la concurrence mondiale s’aiguise. Au chinois DJI qui ne cesse de se développer, s’ajoutera très vite l’américain Go Pro qui compte aussi lancer son propre modèle. La liste promet dans les années à venir de s’allonger. Une compétition qui oblige Parrot à privilégier les circuits courts de vente pour alimenter le marché en permanence.

"Nous avons le gène de l’innovation, pas encore celui du marketing", résume la porte-parole. Mais le groupe cherche à évoluer, qui va revoir cette stratégie en l’adaptant selon les pays et les segments de marché. Le groupe devrait lancer de nouveaux produits au second semestre, pas seulement dans l’activité drones. Les résultats sont d’ailleurs lestés par une hausse des dépenses à tous les échelons, signe d’un dynamisme certain : de la R&D en passant par les dépenses marketing et celles liées à la production. Les effectifs sont eux aussi à la hausse, ils sont passés de 1046 personnes à 1137.

Après une série d’acquisitions (Airinnov, Pix4D...), une augmentation de capital réussie de 300 millions d’euros enfin 2015 ainsi qu’une volonté de se développer dans les applications professionnelles des drones, Parrot semble victime d’une crise de croissance. Mais son dirigeant, conscient de la faiblesse de ces résultats comparés aux ambitions du groupe, le sait : le succès futur se paie. Même au prix fort.

Olivier James

Olivier James Grand reporter Aéronautique - Défense
Olivier James

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