Pourquoi les résultats 2016 de SFR sont loin d'être si mauvais

SFR a annoncé, mercredi 8 mars, ses résultats 2016. Si les indicateurs financiers peuvent paraître alarmants au premier regard avec bénéfice en net recul, à y voir de plus près, l’opérateur serait, peut-être, sur le point de sortir de l’impasse.

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Pourquoi les résultats 2016 de SFR sont loin d'être si mauvais
L'opérateur SFR vient de publier ses résultats 2016. Si les indicateurs financiers peuvent, au premier abord faire peur, les perspectives sont encourageantes

SFR entrevoit une lueur d’espoir dans les résultats annoncés le mercredi 8 mars. L’opérateur enregistre pour la première fois en six ans un chiffre d’affaires en progression sur le 4ème trimestre 2016 (+0.6% par rapport à 2015). Si le résultat net plonge avec une perte de 218 millions d’euros (contre un bénéfice de 682 millions en 2015), cela s'explique en partie par une progression des investissements de 24,5% (2,3 milliards en 2016 contre 1,9 milliards en 2015).

En 2015, le groupe au carré rouge est pris dans un étau. En pleine restructuration de ses actifs, l'actionnaire historique Vivendi n’est pas enclin à investir dans le déploiement de la fibre optique. Du côté du mobile, Free pousse ses concurrents dans la guerre des prix en lançant son offre low cost mobile. Le repreneur Altice, dont le PDG n’est autre de Patrick Drahi, hérite alors d’un opérateur exsangue, lanterne rouge du baromètre des fournisseurs d’accès internet UFC-Que Choisir depuis 2014, avec une satisfaction et une perception client en chute libre.

Pour sortir SFR du gouffre, un plan drastique d’économies est mis en place. L’opérateur conclu un accord avec les syndicats pour se séparer d’un tiers de ses effectifs d’ici 2019, soit 5 000 salariés.

Dans le même temps, Altice investit massivement dans le développement de cette nouvelle filiale. Michel Paulin, nouveau directeur général de SFR Telecom a confirmé fin janvier 2016, que la maison mère a doté l’opérateur d’un nouveau moteur industriel.

La convergence télécoms / média au service du revenu moyen par utilisateur

SFR s'attaque d'abord à son réseau, pour le développer et le rénover. L’opérateur remet à plat l’ensemble de ses process et constitue une “usine de production”. Résultat, en 2016, SFR a été l’opérateur qui a mis en service le plus de sites 4G (5 248 activations). Concernant la fibre, il dispose du plus important parc avec 9,3 millions de prises commercialisables et a la capacité d’en déployer 2 millions supplémentaires par an.

Dans le même temps, l’opérateur télécom muscle, en moins d’un an, son offre grâce aux contenus. Les titres de presse du pôle Altice Média, dont Libération et L’Express sont intégrés au kiosque numérique SFR Press. Il génère 10 millions de téléchargements en 2016.

Au cours du dernier exercice, SFR a également lancé un bouquet TV constitué de chaînes sports et des déclinaisons thématique de BFM TV, dont la maison mère, NextRadioTV, a été rachetée par l’opérateur. SFR constitue une grille de programme dopée par l’acquisition de droits sportifs à forte valeur ajoutée, à l’image de la Premiere League anglaise de Football, le financement de série et des partenariats stratégiques avec les groupes médias Discovery et NBC Universal. En 2016, ctte nouvelle activité média génère 301 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016.

Effectivement, les abonnés ont continué de quitter massivement l’opérateur (-512 000 abonnés mobiles grand public, -240 000 abonnés fixes) mais le revenu moyen par abonné (ARPU) a lui progressé sur la même période (23€ par abonné mobile fin 2016 contre 22,2€ en 2015 et 36,9€ par abonné fixe fin 2016 contre 34,9€ en 2015). 2017 a tout d'une année test pour l'opérateur, afin de voir si ses investissements porteront leurs fruits.

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