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L'Usine Santé

[Médicaments] Pourquoi les signalements de pénuries sont en hausse

Coralie Lemke

Publié le

530 ruptures de stock ont été signalées l'an passé par les pharmacies à l'autorité sanitaire, l' ANSM. Une hausse de 30% qui serait due à la chaîne du médicament, de plus en plus complexe. Mais l'ANSM s'inquiète de problèmes côté production.

[Médicaments] Pourquoi les signalements de pénuries sont en hausse
Les signalements de ruptures de stock augmentent d'année en année.
© Gatis Gribusts - Flickr - C.C

De plus en plus de médicaments sont absents des rayons des pharmacies françaises. En témoignent les signalements de ruptures de stocks, qui ont fait un bond l’année passée. En 2017, 530 ruptures ont été signalées par les pharmacies à l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Une hausse de 30% comparée à 2016. Certaines pénuries sont plus graves que d’autres, comme lorsqu’il s’agit de Médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM), dont le manque peut créer des risques "graves et immédiats" selon l'ANSM.

"Cette hausse de médicaments concerne tous les signalements confondus. Nous ne connaissons pas la part des Médicaments d’intérêt thérapeutique majeur, assure un porte-parole de l’ANSM. Nous n’avons pas réussi à obtenir le nombre exact de ruptures de stock. Mais il apparaît que si les signalements augmentent, les ruptures augmentent elles aussi." En effet, les signalements proviennent des pharmacies qui ne peuvent pas fournir un produit à leurs patients sous 72h.

Des problèmes dans l’outil de production dans 20% des cas

Alors quels sont les médicaments les plus concernés par ces pénuries ? "Plus de 20% des ruptures proviennent des antiinfectieux généraux (comme les vaccins). Viennent ensuite les médicaments relatifs au système nerveux (qui traitent l’épilepsie ou la maladie de Parkinson)", explique Dominique Martin, le directeur de l’ANSM. En troisième position, les thérapies contre le cancer.

Les causes déclarées sont multiples. Avec en premier lieu, des problèmes dans l’outil de production dans 20% des cas, avec des retards de fabrication, une perte de savoir-faire, des pannes d’équipements. L’ANSM se dit inquiète des "nouvelles stratégies industrielles de rationalisation des coûts de production qui conduisent les laboratoires à produire en flux tendu".

Les industriels conscients du problème

Les industriels du médicament le reconnaissent, la chaîne du médicament a connu des changements dernièrement. "Le phénomène a pris de l'ampleur ces dernières années en raison de la complexification de la chaîne de production au niveau mondial, des technologies, des contrôles et des obligations réglementaires, mais aussi de facteurs externes, comme l'augmentation de la demande au niveau mondial", assure le Leem, le principal syndicat des laboratoires pharmaceutiques en France.

Le dernier rapport émis par le Leem sur les ruptures de stock datant de 2014, difficile de comparer les chiffres émis à l’époque avec ceux de 2017. Leur étude relevait toutefois que sur les ruptures recensées par l’ANSM à l’époque, la durée moyenne s’élevait à 94 jours. Conscient que "cette situation est difficile à accepter par les patients, les médecins et les pharmaciens", le Leem a mis en place des "plans de gestion des pénuries" (PGP) en 2016 pour une liste de médicaments d’intérêt thérapeutique majeur (MITM). Pour éviter cela, la seule marge de manœuvre des autorités reste l’anticipation.

 

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