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L'Usine Auto

Pourquoi les constructeurs européens s'inquiètent des effets du véhicule électrique sur l'emploi

Julie Thoin-Bousquié ,

Publié le

Sous la houlette de l'Association des constructeurs européens d'automobile, les industriels s'inquiètent des effets de l'arrivée massive des véhicules électriques sur l'emploi aussi bien chez les fournisseurs que pour les activités de maintenance.

Pourquoi les constructeurs européens s'inquiètent des effets du véhicule électrique sur l'emploi
L'augmentation des voitures électriques fait craindre des impacts négatifs sur l'emploi.
© Wolfgang Rattay

La voiture électrique va-t-elle détruire des emplois? En juin, une étude commandée par les syndicats et l’industrie automobile allemands chiffrait déjà les conséquences de la technologie dans le pays. Une inquiétude partagée par l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA). Mardi 4 septembre, l’organisation a estimé dans un communiqué que "la Commission européenne sous-estimait l’impact d’une marche forcée vers le véhicule électrique sur l’emploi dans l’UE".

Un argument alimenté par une étude commandée par l’ACEA à FTI Consulting. Celle-ci s’appuie sur la comparaison entre une Volkswagen Golf thermique et une Chevrolet Bolt électrique. Bilan: la première est certes moins complexe sur le plan électronique, mais bien plus sur le plan mécanique. Le nombre de pièces détachées est quant à lui 60 % moins important sur une Chevrolet Bolt, ce qui a un impact direct sur les besoins en matière de maintenance. L’étude conclut ainsi qu’ils sont 60 % moins importants que pour un véhicule thermique.

Des bouleversements entraînant des conséquences sur l’évolution de l’emploi, prévient l’étude. En particulier du côté des fournisseurs. Avec le passage à l’électrique, les équipementiers européens pourraient perdre jusqu’à 38 % de la production qu’ils détiennent actuellement, tandis que la chute atteindrait 17 % pour les constructeurs automobiles. Sans oublier l’impact sur le vaste marché de la maintenance, du fait des besoins moindres de la voiture électrique. Or, "13,3 millions d’Européens, l’équivalent de 6,1% de la population active, travaille directement ou indirectement pour le secteur automobile", rappelle l’ACEA, qui met en avant l’impact "disproportionné sur l’emploi" dans des pays comme l’Allemagne, la République Tchèque ou la Roumanie.

Réduction des émissions de CO2

A l’inverse, certains pourraient rafler la mise. La raison? L’importance de la batterie dans les véhicules électriques, qui "concentre 35 à 50 % du coût". Pour l’heure, ce sont essentiellement les pays asiatiques, et en particulier la Chine, qui concentrent les compétences dans ce domaine. Selon Laurent Petizon, spécialiste automobile au sein du cabinet AlixPartners, les Chinois produisent 65 % des batteries à l’échelle mondiale.

Face à cette concurrence, Carlos Tavares, président du directoire de PSA et actuel directeur de l’ACEA, avait indiqué en juin, soutenir "de manière très enthousiaste la création d’un champion du développement et de la fabrication de batteries en Europe", dans le cadre d’une audition devant la commission des Affaires économiques de l’Assemblée nationale. Pas facile, puisqu’au-delà de la maîtrise de la chimie, la Chine a la mainmise sur la production de métaux rares essentiels aux batteries.

Ce faisant, l’ACEA espère peser dans les discussions en cours au sein du Parlement européen autour des objectifs d’émissions de CO2 à venir. En novembre 2017, la Commission européenne a proposé de réduire de 30% d’ici 2030 les émissions de dioxyde de carbone par les nouvelles voitures et petits utilitaires. Des objectifs jugés trop "sévères" par l’ACEA.

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5 commentaires

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11/09/2018 - 10h42 -

La désindustrialisation de la France (surtout hors grandes aglo) semble une réalité invisible pour tant de "jihadistes".. On ne parle pas d'une technologie non polluante qui remplace une autre ici : on parle d'une idéologie divine (écologie) sensée en remplacer une autre moins belle et humaine celle-là (industrie). Autant dire un "Jihad" aveugle. Je reste ébahi que les français aient des dirigeants démocratiques leur promettant de supprimer 50% de la capacité de production électrique nucléaire d'ici 2020 et 50% du parc automobile thermique (800km d'autonomie rechargé en 5 minutes) par un mécanisme de subventions démesurées (=impots), et s'obligeant ainsi d'ailleurs à supprimer la liberté des marchés (Hulot). Tourner le dos à toute gestion économique des ressources installées malgré un endettement d'Etat de 3 trilliards, s'obliger à construire des milliers d'éoliennes et importer des batteries chinoises ...est-ce bien écologique?
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09/09/2018 - 21h37 -

Au contraire, si les européens investissent massivement dans l’electrique, il va falloir remplacer tous les véhicules thermiques, c’est une énorme occasion de créer des millions d’emplois, à condition de fermer les frontières et de ne pas importer des batteries chinoises. C’est l’obsolescence programmée dont tous nos capitalistes rêveraient qui se réalise: alors pourquoi tant d’inquietudes?
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06/09/2018 - 09h31 -

Voilà bien une question idiote ! Parce qu'on ne fait pas des emplois pour l'emploi mais pour répondre à des besoins ? Il ne faut donc pas penser aux emplois qui seront perdus mais à ceux qu'on pourra créer avec les économies qui devraient se dégager de ce processus d'évolution. Evidemment si l'on pense se sortir de l'impasse en construisant comme on le fait en France, des entreprises concurrentes des administrations, destinées à racketter les automobilistes, on est pas près de se sortir de la crise des emplois.Parce que c'est quand même fabuleux qu'on ait pu perdre , par exemple, le secteur de l'habillement qui faisait vivre des milliers de salariés,avec de la richesse qu'on pouvait vendre, pour faire émerger des entreprises qui vivent uniquement sur le prélèvement de la richesse produite ? Exemple les radars ! Qui ne produisent rien que des PV. Ce qui demande des ingénieurs, des constructeurs, de la maintenance, de l'entretien, des centre de traitement, des tribunaux,etc.
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06/09/2018 - 08h14 -

est ce que veux continuer à polluer ou à réduire la voiture électrique va faire des chômeurs il faut savoir ce qu'on veut
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11/09/2018 - 10h24 -

Ben voyons, qui a dit que la voiture électrique ne polluait pas ?!? Regardez un peu le process de fabrication des batteries et leur absence de recyclage et on en reparlera... Par contre, c'est vrai qu'en France au moins, le bilan CO2 est à peu près positif... grâce au nucléaire (qui sera une source d'emplois induits par le développement à grande échelle du véhicule électrique : qui veut un nouveau réacteur dans son jardin ???). On est vraiment très forts en Europe pour exporter le sale boulot et nos poubelles, par contre, pour ce qui est des politiques industrielles, c'est vraiment zéro. Vive le "Green Washing" !
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05/09/2018 - 21h40 -

... et donc une nette réduction des coûts pour les propriétaires d'automobiles. Qui représentent bien davantage que 6,1% de la population. Donc tant mieux. Et comme la France n'a presque plus d'usines automobiles (merci la délocalisation), on aura moins d'impact (hormis garagistes, manutentionnaires etc qui verront leur boulot évoluer).
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