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L'Usine Aéro

Pourquoi le succès de la fusée réutilisable de SpaceX met la pression sur l’Europe spatiale

Hassan Meddah , , , ,

Publié le , mis à jour le 12/04/2016 À 08H07

Un exploit. SpaceX a réussi à récupérer le premier étage de son lanceur en le faisant réatterrir sur une barge flottant sur l’océan Atlantique. Concentré sur le développement d’Ariane 6, lanceur non réutilisable, l’Europe spatiale reste sans riposte.

Les entreprises citées


Décollage de la fusée SpaceX vers l'ISS le 8 avril - Crédits SpaceX

La démonstration vaut avertissement pour l’industrie spatiale européenne. Vendredi 8 avril, Space X a réussi à poser le premier étage de son lanceur Falcon 9 sur une barge en plein Océan Atlantique. La société californienne avait déjà réussi un exploit comparable en faisant revenir son lanceur sur le sol de la Floride en décembre dernier.

En novembre dernier, Blue Origin, la société spatiale dirigée et financée par Jeff Bezos, le fondateur d'Amazon, avait également réussi à récupérer son lanceur, le "New Shepard".  Avec ce type de fusée, Jeff Bezos veut développer le marché du tourisme spatial.

Diminuer les coûts

Ces nouveaux entrants développent des méthodes de conception et d’organisation industrielle venues de la Silicon Valley et de l’Internet. Chacun de leur succès bouscule la vieille industrie spatiale européenne. Leur ambition : grâce à la réutilisation, il s’agit de diminuer drastiquement les coûts des lanceurs. Elon Musk, le fondateur de SpaceX, se plait à faire le parallèle avec d’autres industries : l’aéronautique n’aurait jamais décollé si les compagnies aériennes avaient jeté leurs avions après un seul vol, aime-t-il a rappeler !

L’Europe reste pour l’instant sans réponse. Elle a une fusée de retard. Elle consacre l’essentiel de son effort à la conception et à la production d’Ariane 6. Un défi industriel ambitieux puisqu’il s’agit de diviser ses coûts de production par deux ! Si le calendrier est respecté, Ariane 6 ne volera qu’en 2020… mais ne sera pas réutilisable.

Le Vieux Continent s’est réveillé tardivement. Airbus Safran Launchers, le maitre d'œuvre de la fusée Ariane, travaille sur ce concept avec la fusée Adeline mais ne bénéficie pas de financement significatif. En France, Le Centre national d'études spatiales (CNES) planche également sur le sujet avec son projet Prométhée, qui vise à produire un moteur réutilisable de nouvelle génération deux fois moins cher que les moteurs actuels. Les équipes démarrent toutefois quasiment de zéro.

Equation économique

Dépourvue des moyens de riposter rapidement, la communauté spatiale européenne se console en affirmant que SpaceX n’a aujourd’hui réalisé que la moitié du travail.

Faire revenir l’étage principal d’une fusée est une chose, le faire redécoller à un coût compétitif en est une autre. Lors de son aller-retour, la motorisation est fortement éprouvée. Des tests et des opérations de réparation ou des remplacements de sous-ensembles peuvent être nécessaires et parfois très coûteux.

Les navettes spatiales américaines mises en place au début des années 80, et qui revenaient sur Terre, avaient finalement coûté très cher à la Nasa malgré leur capacité à retourner dans l’espace. Réutiliser le même lanceur implique de ne plus bénéficier des effets de la production en série, atout sur lequel mise également SpaceX pour réduire ses coûts. L’équation économique de la fusée réutilisable reste toujours à démontrer.

Si Space X venait à la résoudre afin de proposer aux clients d’Arianespace des lancements à prix cassés, l’Europe se retrouverait sans capacité immédiate de réagir... 

Hassan Meddah

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4 commentaires

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13/04/2016 - 09h45 -

Pourquoi ne pas réunir des experts autour d'un projet même fou!Et, ce qui coûte le plus cher est sans doute le moteur. Le faire revenir sur terre/mer est sans doute une bonne idée (programme Prométhée du CNES). Le faire fonctionner avec une coupe pétrolière peu chère en est sans doute une autre.
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12/04/2016 - 15h48 -

Une fusée contrairement à un avion subit d'énormes contraintes qui vont contre sa réutilisation et par delà le coté hautement spectaculaire et quelque peu gadget de la manoeuvre, celle ci vise surtout à démontrer la débauche de moyens dont disposent les américains pour expérimenter des process qui ont de fortes chances de rester sans lendemain.
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12/04/2016 - 11h38 -

N'oublions pas l'IXV. La technologie que développe se programme pourra être réutiliser dans un cargo spécial réutilisable à terme.
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11/04/2016 - 23h36 -

Sans entrer dans les données techniques, c'est plus un numéro de cirque qu'une avancée dans le domaine du réutilisable en matière de mise en orbite. Pour le moment, la meilleure façon de diminuer le coût du lancement et d'assurer la fiabilité a été de produire les fusées en grande série comme l'a fait l'urss. Comme de nombreux ingénieurs de cette industrie, je crois qu'il faudra regarder ce que ferons ( comme toujours ) les russes en la matière pour connaître la solution opérationnelle.
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