Pourquoi le scandale qui touche Volkswagen est le pire cauchemar de Martin Winterkorn

Il y a quelques semaines encore, le constructeur s’apprêtait à devenir le numéro un mondial de l’automobile. Et son patron, aux commandes depuis 2007, à savourer la réussite d'une stratégie mise sur pied il y a plus de dix ans.

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Martin Winterkorn

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Le 12 mars dernier, Volkswagen présente ses résultats 2014, entérinant un exercice de tous les records, avec plus de 200 milliards d’euros de chiffre d’affaires et quelque 10 millions de véhicules vendus de par le monde. Rien ne semblet plus pouvoir empêcher le constructeur allemand de ravir la place de numéro un mondial de l’automobile au japonais Toyota. Un objectif qu’il a en ligne de mire depuis plus de vingt ans. Le président du directoire de Volkswagen AG, Martin Winterkorn, aux commandes du groupe depuis 2007, peut savourer sa bonne fortune.

Fin avril, Winterkorn, 68 ans, peut fêter une nouvelle victoire : il vient de remporter son duel avec Ferdinand Piëch (78 ans), petit-fils de Ferdinand Porsche et président du conseil de surveillance de VW. Le tandem est à l’origine de redressement du géant allemand avec le plan Mach 2018, notamment grâce à une politique de partage des composants entre les véhicules des différentes marques et grâce à des rachats complétant la gamme du groupe (MAN, Scania, Porsche). Depuis plusieurs semaines, Piëch mène une guerre larvée contre son dauphin qu’il tente d’écarter. Le combat des chefs secoue le groupe mais finalement Winterkorn gagne le soutien du son conseil de surveillance. Celui-ci demande au patriarche, qui restera néanmoins un actionnaire influent, de prendre du champ. Piëch démissionne le 24 avril. La voie est libre pour Martin Winterkorn. D’autant que la couronne de numéro un mondial est à portée de mains : fin juillet, VW dépasse enfin Toyota après avoir enregistré plus de vente que son concurent au cours des six premiers mois.

Volkswagen semble alors indestructible. L’Usine nouvelle faisait alors sa Une sur le groupe expliquant comment il s’y était pris pour devenir numéro un. Cinq mois plus tard, patatras, toute l’oeuvre de Martin Winterkorn semble sur le point de s’écrouler comme un château de cartes. Il est encore trop tôt pour estimer l’impact de la tricherie sur les tests antipollution sur la marche du groupe, mais on peut sans crainte dire qu’il sera lourd et durable.

Le patron de Volkswagen semble, lui, au bord de la disgrâce. Alors qu’il s'attendait à être reconduit ce vendredi pour deux ans, le conseil de surveillance devrait selon les médias allemands le démettre de ses fonctions. Matthias Müller, le patron de sa filiale Porsche, pourrait lui succéder. Un pied de nez de l’histoire : Porsche a tenté pendant cinq ans de racheter la firme de Wolfsburg, avant de se faire finalement reprendre par VW en 2012.

Autre pied de nez de l’histoire : Volkswagen risque d’échouer dans sa quête de la place de numéro un mondial de l’auto à cause d’un scandale parti des Etat-Unis, un marché sur lequel le groupe n’a jamais réellement réussi à s’imposer, la faute à une politique trop erratique. Le tandem Piëch-Winterkorn faisait depuis quelques années du marché américain la dernière marche à gravir. C’est celle qui l'aura fait trébucher. Le patron de Volkswagen ne pouvait imaginer pire cauchemar...

Patrick Déniel

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