Pourquoi le scandale de la viande brésilienne peut être une opportunité pour la France

Depuis qu’a été révélé au Brésil l’existence d’un gigantesque trafic de viandes impropres à la consommation, les autres pays ferment leurs portes aux importations du premier exportateur mondial de boeuf. Une opportunité pour les industriels français du bœuf et de la volaille, comme Doux.

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Pourquoi le scandale de la viande brésilienne peut être une opportunité pour la France

Depuis vendredi 17 mars, c’est la panique au Brésil, premier exportateur mondial de boeuf et de volaille. Selon la police, 21 entreprises brésiliennes, dont les géants agroalimentaires JBS et BRF, auraient soudoyé les inspecteurs des services d'hygiène pour certifier de la viande avariée comme étant propre à la consommation. Depuis, les marchés se ferment un à un à ce fournisseur stratégique : les importations sont suspendues en Chine, à Hong-Kong et au Chili, restreintes au sein de l’Union européenne et en Corée du Sud… Le ministre brésilien de l'Agriculture, Blairo Maggi, a fait ses comptes : trente pays pourraient retoquer la viande brésilienne : "un désastre", pour le leader d'Amérique latine déjà plongé dans une récession historique.

Doux, concurrencé par les brésiliens au Moyen-Orient

Ce scandale n’étonne pourtant pas un expert du secteur, interrogé par L’Usine Nouvelle. "Lorsque l’on voit à quel point le Brésil réalise un dumping majeur pour tuer les concurrents, les récentes révélations ne surprennent que moyennement. Produire du poulet à son prix - 1 200 dollars la tonne, contre 1 500 au minimum en France - , c’est impossible ! Mais cela va créer des opportunités pour les filières certifiées et aux contraintes sanitaires fortes comme les françaises. Notamment au Moyen-Orient, un marché majeur, où le groupe Doux (qui y réalise deux tiers de ses ventes, ndlr) a énormément souffert de cette concurrence internationale." Un paradoxe, lorsqu’on sait que ce géant français de la volaille (racheté l'an dernier par le groupe coopératif Terrena) avait joué le rôle de pionnier en s’implantant au Brésil dès 1998 via le rachat d'un des principaux acteurs locaux, Frangosul, finalement cédé… à JBS.

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La Chine ferme provisoirement ses portes au bœuf brésilien

Deuxième plus grand importateur de bœuf brésilien, le marché chinois pourrait aussi être intéressé par le savoir-faire français. Les efforts réalisés par l’Hexagone ont déjà porté leurs fruits outre-Atlantique : mi janvier, les autorités américaines ont accepté d'ouvrir leurs portes aux importations de boeuf français, pour la première fois depuis l'embargo instauré en 1998 après la crise de la vache folle en Europe.

Stéphane Le Foll rassure… mais recommande le Made in France

Seulement quatre des vingt-une entreprises mises en cause étaient agréés pour exporter vers l’Union européenne. "Cette crise ne doit toutefois pas altérer la confiance des consommateurs dans les produits carnés de manière générale", rassure le ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire Stéphane Le Foll ce mardi 21 mars. Tout en mettant l’accent, lui aussi, sur l’expertise française. "La mise en œuvre par le gouvernement de l’étiquetage de l’origine des viandes fraiches et dans les produits transformés permet d’assurer au consommateur, en complément de la démarche volontaire "Viande de France" , une viande née, élevée, abattue et transformée en France."

En parallèle, le ministre a demandé à ses services de renforcer les contrôles à l’importation pour les lots de viande en provenance du Brésil. Tandis qu’une réunion des chefs des services vétérinaires des Etats membres de l’Union européenne se tiendra ce vendredi.

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