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L'Usine Agro

Pourquoi le Roundup Pro 360 a été interdit par le tribunal administratif de Lyon

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Publié le , mis à jour le 15/01/2019 À 19H06

Estimant que l'Anses a commis une erreur d'appréciation, le tribunal administratif de Lyon vient d'annuler l'autorisation de commercialisation du Roundup Pro 360, un produit désherbant contenant du glyphosate et vendu par Monsanto.

Pourquoi le Roundup Pro 360 a été interdit par le tribunal administratif de Lyon
Le tribunal administratif de Lyon annule l'autorisation de commercialisation du RoundUp360
© @flickr Mike Mozart

Coup de tonnerre dans le débat autour de l'autorisation du glyphosate. Alors qu'à la veille d'un numéro spécial d'Envoyé Spécial sur le sujet, le thématique est, de nouveau, sur le devant de la scène, le tribunal administratif de Lyon a, ce mardi 15 janvier, annulé l'autorisation de mise en vente du Roundup Pro 360. 

Erreur d'appréciation de l'Anses

Le Roundup Pro 360 est un désherbant utilisé par les professionnels notamment dans la vigne. Il est composé à 40% de glyphosate et "d'adjuvants qui sont environ 1 000 fois plus toxiques que le glyphosate seul", explique Gilles-Eric Séralini, membre du CRIIGEN (Comité de recherche et d'informations indépendantes sur le génie génétique) et à l'origine de la plainte déposée en 2017.  Sur le marché depuis 2 ans environ (homologation novembre 2016), ce produit représente environ 2% des ventes de glyphosate sous la marque Roundup en France.

Dans sa décision, la juridiction lyonnaise estime que l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du

travail (Anses) a "commis une erreur d'appréciation au regard du principe de précaution" en autorisant ce produit en mars 2017. "Les études scientifiques et les expériences animales montraient que le Roundup Pro 360, préparation dont la toxicité est plus importante que celle du glyphosate, est un produit potentiellement cancérigène pour l’homme, suspecté d’être toxique pour la reproduction humaine et pour les organismes aquatiques", explique le juge administratif dans sa décision.

Ces conclusions sont, en partie, basées sur les études du Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Le CIRC a classé dès 2015 le glyphosate comme cancérogène probable. Une classification que dénonce Bayer dans un communiqué envoyé en réaction à la décision judiciaire "Nous souhaitons rappeler que l’Agence européenne de la sécurité des aliments (EFSA), en 2015, a conclu que la classification comme "cancérogène probable" du glyphosate n’était pas justifiée" se justifie le géant allemand avant de prendre la défense de l'Anses, également mis en cause par le tribunal lyonnais: "L’Anses est un organisme indépendant et garant de la sécurité sanitaire publique"

La décision du tribunal administratif prend effet immédiatement même si le groupe chimique Bayer, nouveau propriétaire du géant américain Monsanto, peut faire appel. "Nous étudions actuellement la décision pour évaluer la suite juridique à donner à ce dossier" précise d'ailleurs l'agrochimiste allemand. 

Copié-collé du dossier d'homologation déposé par Monsanto

Ce jugement intervient alors que le rapport demandé par des députés européens sur l’expertise préliminaire à la prolongation des autorisations du glyphosate a été rendu public ce 15 janvier. Les parlementaires révèlent que l'Institut fédéral d’évaluation des risques allemand (BfR), mandaté par l'Union Européenne pour faire l'évaluation a plagié "mot pour mot" le dossier qui lui avait été transmis par Monsanto. "72,5% de l’évaluation des études scientifiques indépendantes sur la toxicité du glyphosate est copié-collé sur le dossier fourni par la Glyphosate Task Force de Monsanto. Parmi ce copié-collé, 50,1 % de l’évaluation des études scientifiques indépendantes est un plagiat du même dossier" précise l'euro-député Guillaume Balas.

Des constatations qui poussent ce dernier a demandé l'interdiction de l'herbicide: "Ces chiffres révèlent un fait : l’autorisation de renouvellement du glyphosate repose sur des éléments faussés", affirme t-il dans un communiqué.

Du côté des ONG, même son de cloche: "Nous demandons que l’ANSES prenne en compte le potentiel probablement cancérogène de toutes les formulations à base de glyphosate qu’elle est en train de réévaluer et qu’en toute logique elle décide de ne pas accorder ces autorisations", demande, par exemple, François Veillerette, directeur de Générations Futures.

Ce lundi 14 janvier, le ministre de l'Agriculture avait rappelé l'engagement de la France à sortir du glyphosate dès 2021 grâce à la mise en place de solutions alternatives.

 

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