Pourquoi le mirifique contrat OneWeb ne peut échapper à Arianespace

Dans la compétition pour lancer les 900 satellites de OneWeb, la société européenne a toutes les cartes en main pour s’imposer : une capacité de tir dopée par la disponibilité de trois lanceurs avec Ariane, Vega, et Soyouz. Son rival le plus sérieux, SpaceX, paraît hors-jeu puisque lui-même, associé à Google, est à la tête d’un projet concurrent de OneWeb.

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Pourquoi le mirifique contrat OneWeb ne peut échapper à Arianespace

Après le choix d’Airbus Defence & Space pour la construction de 900 satellites, OneWeb va-t-il sélectionner Arianespace pour en assurer la mise sur orbite ? On voit mal en effet le mirifique contrat lui échapper sur le segment des lancements. La société européenne est incroyablement bien placée pour un contrat qui pourrait se traduire selon nos estimations par une vingtaine de tirs, soit environ le chiffre d’affaires de deux années!

Dans sa manche, Arianespace compte plusieurs atouts. Le premier une gamme de trois lanceurs :

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  • Le lanceur lourd Ariane capable d’emporter 10 tonnes en orbite géostationnaire
  • La petite fusée Vega qui fait un sans-faute depuis ses débuts
  • Et la fusée russe Soyouz.

"Il est certain qu’Arianespace avec ses trois lanceurs, ses différents pas de tir, y compris Baïkonour, a évidemment des capacités de lancement à un rythme soutenu pour de tels projets", a souligné au Bourget Stéphane Israël, son PDG. Selon les premières estimations d’Arianespace, Ariane aurait la capacité de lancer jusqu’à 60 petits satellites (de l'ordre de 150 kg, ndlr) par tir en orbite basse. La fusée italienne, elle, monte en puissance et vise une cadence de 3 tirs par an. Soyouz a l’avantage de pouvoir être tirée aussi bien depuis le centre spatial de Kourou en Guyane que du cosmodrome de Baikonour au Kazakhstan.

Space X, allié à Google, est hors course
Autre avantage: son principal rival, l’américain SpaceX semble hors-jeu dans cette course. D’une part, la société fondée par Elon Musk vient de se positionner sur le marché lucratif des satellites du Pentagone. De quoi absorber une partie non négligeable de ses capacités de lancement. Et les militaires seront forcément prioritaires par rapport à n’importe quel autre programme commercial. Et surtout, SpaceX associé à Google, a son propre projet de constellation de satellites. Les deux partenaires évoquent de mettre sur orbite 4000 satellites ! On imagine mal alors OneWeb confier ses satellites à son premier concurrent, ou encore les équipes de SpaceX courir deux lièvres à la fois. Vers qui d’autre alors OneWeb pourrait-il se retourner ? Les autres lanceurs n’affichent pas la même crédibilité comme la fusée russe Proton qui a multiplié les échecs ces dernières années.

Un problème de calendrier
Si Arianespace décrochait le contrat, l’opération n’en resterait pas moins un défi opérationnel. La capacité d’Arianespace plafonne à 10 ou 12 lancements maximum par an. Il y a encore quelques temps, la barre des 10 lancements par an depuis le centre spatial guyanais apparaissait encore comme un "plafond de verre". En théorie, il faudrait qu’Arianespace consacre tous ses lancements sur deux ans environ pour mettre sur orbite les 900 satellites de OneWeb. Impossible. Le groupe a déjà des engagements vis-à-vis de ses clients traditionnels avec un carnet de commandes de 37 satellites en orbite géostationnaire. Comment alors intercaler les tirs pour OneWeb pour que le service soit opérationnel le plus rapidement possible? Outre les prix, la négociation ardue de ce calendrier explique peut-être pourquoi aucune annonce n’ait été faite sur le Bourget contrairement à l’annonce du partenariat avec Airbus.

Hassan Meddah

Hassan Meddah Journaliste défense, spatial et cybersécurité

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